Une réunion d'urgence pour faire face à la crise énergétique
Les ministres des Finances du G7 se réunissent ce lundi en urgence pour se pencher sur la flambée spectaculaire des prix du pétrole et du gaz, conséquence directe du conflit qui fait rage au Moyen-Orient depuis une semaine. Cette réunion exceptionnelle, organisée sous présidence française, aura lieu en visioconférence à 13h30 heure française et devrait durer environ une heure, selon les précisions du ministère français de l'Économie et des Finances.
Coordination internationale face à l'envolée des prix
La France, qui assure cette année la présidence du G7, avait annoncé dès mercredi l'organisation de cette rencontre des grands argentiers et banquiers centraux des sept économies avancées que sont les États-Unis, le Japon, le Canada, le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et l'Italie. « Il faut évidemment qu'on se coordonne », a insisté le ministre français de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, en précisant que l'objectif était d'échanger, d'écouter les remontées du terrain et d'évaluer les réponses nécessaires à cette crise géopolitique.
Le conflit au Moyen-Orient a provoqué une hausse vertigineuse des prix des hydrocarbures, avec le baril WTI, référence américaine sur le marché, qui a dépassé les 100 dollars dimanche dernier. Cette situation a fait vaciller les Bourses mondiales et ravivé les craintes d'un nouveau choc inflationniste, alors que l'économie mondiale commençait à peine à se remettre des précédentes turbulences.
Des inquiétudes sur l'approvisionnement mondial
Les investisseurs s'alarment particulièrement des perturbations dans l'approvisionnement via le détroit d'Ormuz, un passage stratégique où transite environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. Ce corridor maritime est de facto bloqué depuis plusieurs jours par les opérations militaires des Gardiens de la Révolution iraniens, en représailles aux frappes américano-israéliennes contre l'Iran.
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a toutefois tenté de tempérer les inquiétudes en répétant que « 2026 n'est pas 2022 », année qui avait marqué le début d'une période inflationniste liée à la guerre en Ukraine. Il a appelé à ne pas réagir trop vite, estimant que la hausse des prix des hydrocarbures pourrait être temporaire.
Des intérêts divergents au sein du G7
Pour les pays du G7, la réunion de lundi sera également l'occasion de tenter de s'accorder face à des intérêts parfois divergents. Européens, Japonais et Canadiens sont suspendus aux intentions encore peu claires des États-Unis, tandis que les pays asiatiques souffrent déjà concrètement de l'envolée des prix.
La Birmanie et le Bangladesh ont ainsi annoncé de premières restrictions, et le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a suggéré de lever les sanctions sur le pétrole russe pour « créer de l'offre » et apaiser les tensions sur les marchés.
Une escalade militaire qui inquiète
Au septième jour de la guerre déclenchée contre l'Iran par Israël et les États-Unis, le président américain Donald Trump a exigé vendredi une « capitulation » de l'Iran. Les bombardements ont continué à secouer la région tout au long du week-end des 7 et 8 mars, avec des frappes israéliennes contre quatre dépôts pétroliers et un site logistique à Téhéran et dans ses environs.
Il s'agit de la première attaque rapportée contre des infrastructures énergétiques iraniennes depuis le début du conflit. En réponse, l'armée iranienne a demandé dimanche soir aux « pays islamiques » de la région de mettre en garde Israël et les États-Unis, menaçant de prendre « des mesures similaires » si les hostilités continuaient, et avertissant : « Et si vous pouvez supporter un pétrole à plus de 200 dollars le baril, continuez avec ce jeu ».
Cette réunion d'urgence du G7 Finances fait suite à une première rencontre tenue en visioconférence le 27 janvier, et précède une autre réunion prévue les 18 et 19 mai à Paris. Les ministres devront trouver un équilibre délicat entre réponse immédiate à la crise et prudence face à une situation géopolitique extrêmement volatile.



