L'Union européenne a conclu mercredi un compromis provisoire pour mettre en œuvre l'accord commercial signé l'an dernier avec les États-Unis, cédant ainsi à la pression de Donald Trump. Le président américain avait menacé d'augmenter les droits de douane sur les véhicules européens si l'UE ne ratifiait pas l'accord avant le 4 juillet 2026, date du 250e anniversaire de l'indépendance américaine.
Un accord sous tension
Les négociations, qui se sont déroulées à huis clos au Parlement européen à Strasbourg, ont abouti après une précédente tentative infructueuse début mai. La présidence chypriote de l'UE a annoncé un accord provisoire à l'aube, après des discussions nocturnes entre eurodéputés et représentants des 27 États membres. Michael Damianos, ministre chypriote de l'Énergie, du Commerce et de l'Industrie, a déclaré : « Aujourd'hui, l'Union européenne tient ses engagements. Le maintien d'un partenariat transatlantique stable, prévisible et équilibré est dans l'intérêt des deux parties. »
L'accord prévoit que l'UE supprime la plupart de ses droits de douane sur les importations américaines, en échange d'un plafonnement à 15 % des droits imposés par Washington sur les produits européens. Donald Trump avait menacé de porter ces droits à 25 % sur les voitures et camions, une mesure qui aurait lourdement impacté l'industrie automobile européenne.
Concessions du Parlement européen
Le Parlement européen, qui avait initialement réclamé des garde-fous stricts, a revu ses exigences à la baisse pour éviter une escalade avec la Maison Blanche. Parmi les points de blocage, une clause de suspension renforcée prévoyait de retirer les avantages douaniers aux exportateurs américains en cas de non-respect de l'accord. Les eurodéputés ont accepté d'assouplir cette clause : les États-Unis ont désormais jusqu'à la fin de l'année pour supprimer les surtaxes supérieures à 15 % sur les composants en acier, au lieu d'en faire une condition préalable.
Deux autres clauses ont été modifiées : la clause « sunrise », qui conditionnait l'entrée en vigueur de l'accord au plein respect des engagements américains, a été supprimée. La clause « sunset », fixant l'expiration de l'accord en 2028, a été repoussée à fin 2029. Bernd Lange, président de la commission du commerce international du Parlement européen, a minimisé ces concessions, affirmant que le Parlement avait obtenu un filet de sécurité complet, incluant un mécanisme de suspension, un suivi de l'impact économique, des dispositions sur les droits injustifiés, une date d'expiration et une forte implication du Parlement.
Un processus entravé par des tensions politiques
La ratification de l'accord a été retardée par plusieurs facteurs, notamment les visées de Donald Trump sur le Groenland et un revers judiciaire de la Cour suprême américaine sur les droits de douane. De plus, plusieurs pays européens ont irrité Washington par leurs critiques ou leur opposition concernant la guerre en Iran. Malgré ces tensions, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a insisté sur le fait qu'« un accord est un accord » et que l'UE respecterait ses engagements pour préserver les relations avec son premier partenaire commercial.



