Les États-Unis pourraient déployer plus d'armes nucléaires en Europe
États-Unis : plus d'armes nucléaires en Europe ?

Les États-Unis pourraient prochainement déployer davantage d'armes nucléaires au sein des pays européens de l'Otan, rapporte le Financial Times. Cette initiative, bien que confidentielle, vise à rassurer les alliés européens sur l'engagement américain en matière de sécurité collective, alors que l'alliance atlantique doit se repenser et s'européaniser.

Un signal de continuité malgré les tensions

Alors que le président américain Donald Trump a affiché sa volonté de transférer la responsabilité de la défense collective européenne aux Européens, ce déploiement supplémentaire d'armes nucléaires enverrait un signal fort : les États-Unis ne se désengagent pas totalement de la sécurité du continent. Début mai, Trump avait annoncé le retrait de 5 000 soldats américains stationnés en Allemagne et l'abandon du déploiement de missiles de longue portée dans le pays. En contrepartie, les Européens ont accepté d'augmenter leurs dépenses défensives et militaires.

Le programme de partage nucléaire de l'Otan

Actuellement, seuls six pays de l'Otan sont autorisés par les États-Unis à accueillir des bombardiers américains capables de transporter et de larguer des bombes nucléaires : le Royaume-Uni, la Belgique, la Turquie, l'Italie, l'Allemagne et les Pays-Bas. Ces armes, bien qu'hébergées sur le sol européen, ne peuvent être utilisées que sur décision des États-Unis.

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Mis en place en 1954 pendant la guerre froide, ce programme de partage des armes nucléaires reste un pilier de la dissuasion collective de l'Otan. Il permet à des pays non dotés d'armes nucléaires de garantir leur sécurité sans en acquérir, selon l'Otan cité par le Financial Times.

L'intérêt des pays de l'Est

Face à la menace russe et à l'invasion de l'Ukraine, les pays du flanc Est de l'Otan, notamment la Pologne et les États baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), se montrent particulièrement intéressés par ce déploiement nucléaire. En mars 2025, l'ancien président polonais Andrzej Duda avait incité les États-Unis à déployer des bombes nucléaires sur le territoire polonais, en réponse au déploiement similaire de la Russie en Biélorussie.

La dissuasion française comme alternative

En attendant que cet élargissement du partage nucléaire soit effectif, plusieurs pays européens se tournent vers le parapluie nucléaire français. Depuis mars, la France a fait évoluer sa doctrine vers une "dissuasion avancée", prévoyant le déploiement d'une partie de sa force nucléaire chez des partenaires européens selon les circonstances. Outre la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark, la Norvège a récemment rejoint cette initiative.

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