Revue de presse argentine après la défaite en finale
Revue de presse argentine: défaite et critiques

La défaite de l'Argentine face à l'Espagne en finale de la Coupe du monde a provoqué des réactions contrastées dans la presse argentine. Entre auto-justifications et lucidité, les médias locaux tentent d'analyser le comportement de l'équipe de Scaloni.

Clarin: des valeurs rares, malgré la défaite

Le quotidien argentin Clarin a publié un article au titre évocateur : « Ils ont tout donné, rien à leur reprocher ». Le journaliste affirme que « comme jamais auparavant, l'équipe argentine a affiché, sur le terrain comme en dehors, un éventail de valeurs qui sont rares de nos jours ». Il ajoute que les joueurs ont montré « le visage d'un pays que nous aimerions voir loin du terrain de football », et qu'ils étaient « polis et respectueux, malgré quelques incidents isolés malheureux dans le dernier match ».

Cette analyse semble ignorer le fait que l'Argentine n'a pas cadré un seul tir avant la 120e minute, et que plusieurs joueurs ont eu des comportements controversés après le coup de sifflet final.

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La Nacion: une lucidité relative

De son côté, le journal La Nacion a publié une analyse plus nuancée. Le journaliste Juan Manuel Trenado s'interroge sur le sentiment de rejet provoqué par la sélection albiceleste. Il écrit : « La sélection championne du monde au Qatar a marqué l'histoire du football. Mais elle a aussi fait naître une haine parfois irrationnelle. Les campagnes médiatiques dans de nombreux pays ont installé l'idée d'une équipe favorisée par la Fifa en 2022, contre toute logique. La réponse juste contre ces allégations s'est trouvée dans la défaite contre l'Espagne, une défaite indiscutable à tous points de vue. »

Trenado cite également Toni Kroos, qui a déclaré que « le football a gagné » après la finale. Il ajoute que « savoir que l'on est moins fort physiquement et tactiquement, comme face à l'Espagne, tout en insistant pour faire mal à l'adversaire, requiert une volonté incommensurable. Dans cette recherche d'adrénaline, il est possible de tomber dans certains excès. »

Un constat amer

Le journaliste conclut en reconnaissant la faiblesse du jeu argentin : « Si l'on se réfère uniquement au terrain, l'Argentine a disputé des matchs assez pauvres. Sans fonds de jeu, sans solutions, souvent dominée par l'adversaire... et malgré ça, elle est allée jusqu'aux dernières minutes de la finale avec la possibilité de revenir. Un tir de Simeone qui aurait pu tout à fait amener à une séance de penaltys. Cela aurait été injuste, mais tout à fait conforme au règlement. Sans aucune raison de déclencher une nouvelle vague de haine. »

Cette analyse soulève une question : le mérite de l'Albiceleste d'être arrivée en finale malgré des méformes individuelles et des matchs arrachés de justesse justifie-t-il pour autant d'être aussi méchant dans la défaite que dans la victoire il y a quatre ans ?

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