Retour des OQTF : l’UE durcit les règles avec des hubs de retour
Retour des OQTF : l’UE durcit les règles

Retour des OQTF : l’UE s’accorde sur des règles plus strictes

Dernière pièce du Pacte migratoire, le règlement Retour entrera en vigueur dès sa publication. Les centres de retour en pays tiers sont prévus pour un effet dissuasif, sous réserve de trouver des pays candidats à l’accueil.

Par Emmanuel Berretta, Rédacteur en chef Europe

Publié le 02/06/2026 à 16h00

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François-Xavier Bellamy (à gauche), rapporteur PPE sur le règlement retour, et Malik Azmani (à droite), rapporteur principal sur le texte. La pièce manquante du Pacte asile migration qui entre en vigueur le 12 juin. Crédit photo : Martin Bertrand, Angelos Tzortzinis pour l'AFP. Photomontage : Le Point.

Le règlement Retour, dernière composante du Pacte migratoire européen, a été adopté ce mardi par les États membres de l’Union européenne. Ce texte, qui entrera en vigueur dès sa publication au Journal officiel de l’UE, vise à renforcer l’efficacité des procédures de retour des migrants en situation irrégulière, notamment ceux faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Des centres de retour en pays tiers

L’une des mesures phares de ce règlement est la création de « hubs de retour » situés dans des pays tiers, en dehors de l’UE. Ces centres auront pour objectif de dissuader les migrants de tenter l’aventure européenne, en leur offrant une perspective de retour assisté vers leur pays d’origine ou un pays de transit. Toutefois, leur mise en œuvre dépendra de la conclusion d’accords avec des États candidats à l’accueil de ces infrastructures.

Les négociations avec plusieurs pays africains et balkaniques sont en cours, mais aucun accord définitif n’a encore été signé. Les ONG de défense des droits de l’homme dénoncent un risque de violations des droits fondamentaux, tandis que les partisans du texte y voient un outil indispensable pour endiguer les flux migratoires.

Des règles plus strictes pour les retours

Le règlement prévoit également un durcissement des procédures de retour au sein de l’UE. Les délais de rétention administrative seront allongés, et les pays membres devront coopérer plus étroitement pour exécuter les décisions de retour. Les migrants en situation irrégulière se verront imposer une interdiction de séjour plus longue en cas de non-respect des procédures.

Les eurodéputés François-Xavier Bellamy (PPE) et Malik Azmani (Renew Europe), rapporteurs du texte, ont salué un « compromis équilibré » qui permet de concilier efficacité et respect des valeurs européennes. « Ce règlement est une avancée majeure pour notre politique migratoire commune », a déclaré Bellamy.

Réactions et perspectives

Les associations de défense des migrants ont immédiatement réagi, dénonçant un texte « inhumain » qui risque de créer des « zones de non-droit » dans les pays tiers. À l’inverse, les gouvernements nationaux, notamment ceux de l’Italie et de la Grèce, se félicitent de ces nouvelles règles qui devraient alléger la pression migratoire sur leurs frontières.

Le règlement Retour s’inscrit dans le cadre plus large du Pacte asile et migration, dont les autres volets (asile, solidarité, frontières) ont déjà été adoptés. Avec cette dernière pièce, l’UE espère renforcer sa crédibilité en matière de gestion des flux migratoires et réduire le nombre de migrants en situation irrégulière sur son sol.

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