Le Premier ministre hongrois, Peter Magyar, s'est rendu à Bruxelles ce mardi dans l'espoir de dégeler les milliards d'euros de fonds européens suspendus par la Commission européenne en raison de préoccupations persistantes concernant l'État de droit en Hongrie. Cette visite intervient dans un contexte de tensions accrues entre Budapest et les institutions européennes.
Une rencontre cruciale avec Ursula von der Leyen
Peter Magyar a rencontré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour discuter des conditions de déblocage des fonds. La Hongrie est éligible à environ 22 milliards d'euros de fonds de cohésion et 10 milliards d'euros du plan de relance post-Covid, mais ces sommes sont gelées depuis décembre 2022 en raison de manquements à l'État de droit, notamment en matière d'indépendance judiciaire et de lutte contre la corruption.
Lors de la conférence de presse conjointe, Von der Leyen a souligné que des progrès étaient nécessaires dans plusieurs domaines clés, notamment la protection des lanceurs d'alerte et la réforme du système judiciaire. Elle a toutefois reconnu que la Hongrie avait pris des mesures récentes, comme l'adoption d'une loi sur l'indépendance des juges, mais a estimé que ces efforts devaient être approfondis.
Les enjeux pour la Hongrie
Pour Peter Magyar, ce dégel est crucial pour relancer l'économie hongroise, qui fait face à une inflation élevée et à une croissance atone. Le Premier ministre a insisté sur le fait que son gouvernement avait déjà mis en œuvre plusieurs réformes exigées par Bruxelles et que les fonds étaient nécessaires pour soutenir les investissements dans les infrastructures et la transition énergétique.
Il a également averti que le blocage prolongé pourrait renforcer le sentiment eurosceptique en Hongrie, ce qui profiterait aux partis d'opposition populistes. Magyar a appelé à une approche plus pragmatique de la part de l'UE, arguant que les sanctions financières n'étaient pas le meilleur moyen de promouvoir les valeurs européennes.
Réactions à Bruxelles
Les réactions au sein des institutions européennes sont mitigées. Certains diplomates estiment que la Hongrie a fait des progrès significatifs et mérite un geste de la part de l'UE, tandis que d'autres restent sceptiques et exigent des garanties supplémentaires. Le Parlement européen, qui doit également donner son feu vert, a adopté une position ferme, appelant à ne pas débloquer les fonds tant que toutes les conditions ne seront pas remplies.
La commissaire aux Valeurs et à la Transparence, Vera Jourová, a déclaré que la Commission suivrait de près la mise en œuvre des réformes avant de prendre une décision. Une évaluation intermédiaire est attendue dans les prochaines semaines.
Prochaines étapes
La visite de Peter Magyar à Bruxelles marque le début d'une série de négociations intensives. Un sommet européen prévu en juin pourrait être l'occasion d'une avancée, mais tout dépendra des progrès concrets réalisés par la Hongrie d'ici là. En attendant, les fonds restent gelés, et l'avenir des relations entre Budapest et Bruxelles demeure incertain.
En conclusion, cette quête de dégel des fonds européens est un test pour la crédibilité des institutions européennes et pour la volonté de la Hongrie de se conformer aux normes démocratiques. Les prochains mois seront décisifs pour l'équilibre des pouvoirs au sein de l'UE.



