Dans une tribune publiée dans Libération, le Premier ministre estonien, Kaja Kallas, appelle les pays de l'Union européenne à ne pas accorder l'accès à l'espace Schengen aux anciens combattants de l'armée russe. Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions croissantes entre l'UE et la Russie, suite à l'invasion de l'Ukraine.
Un risque sécuritaire majeur
Kallas estime que ces anciens soldats, formés au combat et potentiellement endoctrinés, représentent une menace pour la sécurité intérieure de l'Europe. Elle souligne que certains d'entre eux pourraient être recrutés par des services de renseignement russes pour mener des actions de déstabilisation. Le Premier ministre estonien propose donc de renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l'UE et de refuser l'entrée aux individus ayant participé à des opérations militaires russes en Ukraine.
Des mesures concrètes
Pour mettre en œuvre cette politique, Kallas suggère plusieurs actions :
- Créer une base de données commune des anciens combattants russes.
- Coordonner les services de renseignement des États membres.
- Adopter des directives européennes harmonisant les critères d'entrée.
Elle insiste sur la nécessité d'une réponse unifiée face à ce qu'elle qualifie de « nouvelle menace hybride ».
Réactions mitigées
Cette proposition a suscité des réactions contrastées au sein de l'UE. Certains pays, notamment ceux d'Europe de l'Est, soutiennent fermement cette approche, tandis que d'autres, comme l'Allemagne et la France, appellent à la prudence. Ils craignent que des mesures trop restrictives n'alimentent les tensions avec Moscou et ne compliquent les futures négociations diplomatiques.
La Commission européenne, par la voix de son porte-parole, a indiqué qu'elle étudiait la proposition, tout en rappelant que toute décision devra respecter les droits fondamentaux et les engagements internationaux de l'UE.
En attendant, les États membres sont invités à renforcer leurs contrôles aux frontières, notamment à l'égard des ressortissants russes cherchant à entrer dans l'espace Schengen. Cette affaire met en lumière les défis sécuritaires auxquels l'Europe doit faire face dans le contexte du conflit ukrainien.



