Le 5 janvier dernier, les forces ukrainiennes ont abattu un drone Shahed-136 dans la région de Tchernihiv. En examinant l'épave, elles ont découvert une innovation inquiétante : un missile sol-air à guidage thermique MANPADS, identifié comme un Igla-S, était fixé sous l'appareil. Cette adaptation inédite transforme le drone kamikaze en une plateforme de tir potentiellement redoutable pour les aéronefs volant à basse altitude.
Une première dans le conflit
Selon le média spécialisé The War Zone, c'est la première fois qu'un missile MANPADS est embarqué sous un drone Shahed. Jusqu'à présent, seule une version équipée du missile R-60 avait été observée. Cette nouvelle configuration élargit la menace pour les hélicoptères et avions ukrainiens qui opèrent à proximité des lignes de front.
Caractéristiques de l'Igla-S
Le missile Igla-S, désigné 9K388 en Russie et SA-24 Grinch par l'OTAN, est un système de défense aérienne portable très répandu. D'une portée de 6 kilomètres et pesant 18 kilogrammes, il est normalement tiré depuis l'épaule pour détruire des cibles aériennes à courte portée. Le président vénézuélien Nicolas Maduro avait menacé Donald Trump avec 5 000 exemplaires de ces missiles.
Un danger pour les chasseurs ukrainiens
Bien qu'aucun engin militaire ukrainien n'ait encore été détruit par un drone Shahed équipé d'un Igla-S, cette combinaison devient une menace crédible pour les chasseurs modernes comme les F-16 ou Mirage-2000, ainsi que pour les hélicoptères. Le drone embarque une caméra et un modem radio, permettant à un opérateur situé en territoire russe de lancer le missile à distance.
Cette évolution tactique pourrait contraindre les pilotes ukrainiens à revoir leurs procédures d'interception et à accroître la vigilance face à ces drones piégés. La guerre en Ukraine entre dans sa quatrième année avec des innovations technologiques qui renouvellent sans cesse les défis pour les deux camps.



