Le Maroc aborde la Coupe du Monde 2026 avec la ferme intention de confirmer le changement de statut amorcé quatre ans plus tôt au Qatar. Après une demi-finale historique en 2022, les Lions de l'Atlas ne veulent plus être considérés comme une surprise. « On n'est plus une surprise aujourd'hui et c'est une grande fierté », se réjouissait Mohamed Ouahbi après la victoire contre le Canada en huitièmes de finale. « Je pense que ce n'est que le début et j'espère qu'on continuera de longues années à faire de tels parcours. »
Un statut acquis de haute lutte
Le Maroc a grimpé à la 7e place du classement FIFA, un rang qui ne doit rien au hasard. Nasser Larguet, ancien directeur de l'Académie Mohamed VI, l'équivalent marocain de Clairefontaine, prévient : « On le voit à travers le classement Fifa et avec tout ce qu'elle est en train de réaliser que c'est une équipe avec laquelle il faut compter au plus haut niveau. » Une élimination contre la France, sauf déculottée mémorable, n'ébranlerait pas ce constat, mais une seconde qualification de rang en demi-finale le renforcerait inéluctablement.
L'ambition de gagner la Coupe du monde
Mohamed Ouahbi s'évertue à cultiver cette idée et à délester sa sélection de ses complexes vis-à-vis des grandes nations. « Le Maroc est entré dans une nouvelle ère, une ère où nous devons croire en notre capacité à être sacrés champions du monde », déclarait-il après la victoire contre Haïti (4-2). Un travail commencé par son prédécesseur Walid Regragui, qui avait affirmé avant la défaite 2-0 contre les Bleus : « On a envie de gagner la Coupe du monde, ce ne sont pas des paroles en l'air. »
Une équipe mature et complète
Quatre ans plus tard, les Lions de l'Atlas ont mûri malgré leur jeune âge. Nasser Larguet rappelle que la demi-finale perdue à Doha avait été marquée par une hécatombe de blessures : Nayef Aguerd était blessé, Romain Saïss s'est blessé au bout de 20-25 minutes. « Aujourd'hui, l'équipe est complète et elle a toutes ses forces vives. » Parmi elles, Hakimi à son apogée, Brahim Diaz, le tandem Bouaddi-El Aynaoui en métronome et Yacine Bounou, toujours aussi coriace. Avec dix buts marqués, le Maroc semble s'accommoder de l'absence d'une pointure à l'avant.
Un jeu tourné vers l'ambition
Mohamed Ouahbi a donné de l'ambition à cette équipe dans la construction, comme l'analyse Larguet : « C'est ce qui nous a permis d'aller arracher le nul contre les Pays-Bas avec la tête de Diop, parce que le fait d'être très haut dans les 30 derniers mètres a permis à Diop de se retrouver dans la surface de réparation et d'échapper à la vigilance défensive des Néerlandais. » Capable de confisquer le ballon aux Oranje (70 % de possession) et de disputer la possession au Brésil (46 %), le Maroc a tourné le dos à sa version Regragui 2022 qui prenait du plaisir à faire déjouer les champions de la possession.
Un duel tactique contre la France
Didier Deschamps s'interrogeait mercredi : « On verra quelle équipe aura le plus le ballon. C'est un rapport de force. Le sélectionneur marocain prend ses dispositions et moi aussi. » Le Maroc conserve toutefois la vieille arme du contre, utilisée contre le Canada pour résister au temps fort des Rouges. Reste à savoir quel mode activeront les Marocains contre l'équipe de France à Boston.



