Maria Kolesnikova : négocier avec Loukachenko pour réduire la dépendance à la Russie
Maria Kolesnikova : négocier avec Loukachenko pour réduire la dépendance à la Russie

Maria Kolesnikova, figure emblématique de l'opposition biélorusse, a déclaré que parler au président Alexandre Loukachenko pourrait aider à réduire la dépendance de la Biélorussie à la Russie. Cette déclaration intervient six mois après sa libération de prison, où elle avait été condamnée à 11 ans de détention pour avoir contesté les résultats de l'élection présidentielle de 2020.

Un appel au dialogue stratégique

Dans un entretien accordé au Monde, Kolesnikova a expliqué que l'opposition doit envisager des discussions avec Loukachenko, non pas pour le légitimer, mais pour négocier des conditions qui permettraient à la Biélorussie de s'éloigner de l'orbite russe. « Il est temps de réfléchir à des solutions pragmatiques. Parler à Loukachenko peut être un moyen de réduire notre dépendance à la Russie », a-t-elle affirmé.

Selon elle, la guerre en Ukraine a renforcé la mainmise de Moscou sur Minsk, mais Loukachenko lui-même pourrait craindre une absorption totale par la Russie. « Loukachenko sait que Poutine ne le protégera pas indéfiniment. Il a besoin de contre-poids », a-t-elle ajouté.

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Six mois après la libération

Kolesnikova a été libérée en décembre 2025, après une campagne internationale pour sa libération. Elle purgeait une peine de 11 ans pour « extrémisme » et « complot visant à s'emparer du pouvoir ». Sa libération a été perçue comme un geste de Loukachenko envers l'Occident, dans un contexte de tensions croissantes avec la Russie.

Depuis sa sortie de prison, Kolesnikova a repris ses activités politiques, mais sous une forme plus discrète. Elle appelle à une stratégie de « résistance constructive » plutôt qu'à une confrontation directe.

La dépendance économique comme levier

La Biélorussie est fortement dépendante de la Russie pour son énergie et son commerce. Environ 40 % de son PIB est lié à des subventions russes, selon des économistes indépendants. « Si nous pouvons diversifier nos partenariats, notamment avec l'Union européenne et la Chine, nous pourrions réduire cette emprise », a souligné Kolesnikova.

Elle a également mentionné que des discussions avec Loukachenko pourraient porter sur des réformes économiques et politiques, sans pour autant le reconnaître comme président légitime. « Nous devons être réalistes. Le peuple biélorusse souffre des sanctions et de l'isolement. Toute ouverture, même partielle, est une opportunité », a-t-elle dit.

Réactions mitigées au sein de l'opposition

Les propos de Kolesnikova ont suscité des réactions contrastées dans l'opposition biélorusse. Certains y voient une trahison des idéaux démocratiques, tandis que d'autres saluent une approche pragmatique. Sviatlana Tsikhanouskaya, leader de l'opposition en exil, n'a pas encore commenté directement, mais ses proches indiquent qu'elle reste favorable à une ligne dure : « Aucune négociation avec le régime tant qu'il n'y aura pas de libération de tous les prisonniers politiques. »

Kolesnikova, de son côté, insiste sur l'urgence : « Nous ne pouvons pas attendre que Loukachenko tombe. La Biélorussie risque de disparaître en tant qu'État indépendant. »

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