Lindsey Graham : de détracteur à allié de Trump, portrait d'un influent sénateur
Lindsey Graham : de détracteur à allié de Trump

Le sénateur Lindsey Graham, figure incontournable du Parti républicain, a effectué un spectaculaire virage politique au cours de la dernière décennie. Autrefois critique virulent de Donald Trump, il est aujourd'hui l'un de ses plus proches alliés au Congrès. Ce parcours singulier illustre les mutations profondes du paysage politique américain.

Un début de carrière prometteur

Né le 9 juillet 1955 à Central, en Caroline du Sud, Lindsey Olin Graham a grandi dans une famille modeste. Après des études de droit à l'Université de Caroline du Sud, il s'engage dans l'armée de l'air, où il sert comme avocat militaire. En 1994, il est élu à la Chambre des représentants, où il se fait remarquer par son indépendance d'esprit et sa capacité à travailler avec les démocrates.

En 2002, il accède au Sénat, succédant à Strom Thurmond. Rapidement, il s'impose comme une voix influente sur les questions de défense et de politique étrangère. Il soutient la guerre en Irak et se montre critique envers l'administration Obama sur le dossier syrien.

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La rupture avec Trump

Lors de la campagne présidentielle de 2016, Lindsey Graham est un farouche opposant à Donald Trump. Il le qualifie de « raciste », « xénophobe » et « inapte à la fonction suprême ». Il soutient d'abord Jeb Bush, puis Marco Rubio, et refuse de voter pour Trump en novembre.

Après la victoire surprise de Trump, Graham se montre réservé. Mais progressivement, il opère un rapprochement. En 2017, il devient l'un des principaux défenseurs de la politique étrangère du président, notamment sur la Corée du Nord et l'Afghanistan.

Un allié indéfectible

À partir de 2018, Lindsey Graham se mue en l'un des plus ardents supporters de Donald Trump. Il défend ses nominations judiciaires, sa politique fiscale et sa gestion de la pandémie. En 2020, il préside la commission judiciaire du Sénat et accélère la confirmation de la juge Amy Coney Barrett à la Cour suprême, quelques jours avant l'élection présidentielle.

Après la défaite de Trump, Graham reste fidèle. Il conteste les résultats de l'élection, soutient les accusations de fraude et s'oppose à la certification des résultats le 6 janvier 2021. Malgré l'assaut du Capitole, il continue de défendre l'ancien président.

Un sénateur influent

Lindsey Graham est aujourd'hui considéré comme l'un des sénateurs les plus puissants de Washington. Il siège à des commissions clés : forces armées, budget, justice. Il est un acteur majeur dans les négociations sur le budget fédéral et la politique de défense.

Son influence dépasse les frontières américaines. Il est un interlocuteur privilégié des dirigeants étrangers, notamment en Israël et en Arabie saoudite. Il plaide pour une ligne dure contre l'Iran et la Chine.

Critiques et controverses

Le virage de Graham suscite de vives critiques. Ses détracteurs l'accusent d'opportunisme et de manque de principes. Selon un article du New York Times, « Graham a troqué sa réputation de républicain modéré pour celle de partisan inconditionnel de Trump ».

En 2020, lors de sa campagne de réélection, il est confronté à une adversaire démocrate bien financée, Jaime Harrison. Il remporte néanmoins un troisième mandat avec 54 % des voix, un score en baisse par rapport à 2014.

Un avenir incertain

À 68 ans, Lindsey Graham envisage-t-il de se présenter à la présidence ? Il a évoqué l'idée à plusieurs reprises, mais sans jamais franchir le pas. Son avenir politique est lié à celui de Donald Trump. Si Trump se représente en 2024, Graham sera probablement un de ses principaux soutiens.

Quoi qu'il arrive, Lindsey Graham restera une figure ambivalente de la politique américaine, symbole des transformations du Parti républicain à l'ère Trump.

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