Islande : l'UE suscite peu d'enthousiasme
Islande : l'UE suscite peu d'enthousiasme

L'éventuelle adhésion de l'Islande à l'Union européenne ne suscite guère d'enthousiasme dans l'île. Selon un récent sondage, seuls 28 % des Islandais y sont favorables, un chiffre en baisse par rapport aux années précédentes. Ce désamour s'explique par des préoccupations économiques et identitaires, notamment la pêche et l'agriculture.

Un soutien en baisse constante

Le sondage, réalisé par l'institut Maskína pour le compte du journal Morgunblaðið, indique que 28 % des personnes interrogées se disent favorables à une adhésion, contre 55 % qui s'y opposent. Le reste des répondants, soit 17 %, se déclare indécis. Ces chiffres contrastent avec ceux de 2009, lorsque la crise financière avait poussé 61 % des Islandais à soutenir une candidature.

Le gouvernement islandais, dirigé par la Première ministre Katrín Jakobsdóttir, n'a pas officiellement relancé le débat sur l'UE. Cependant, des voix s'élèvent au sein de la coalition pour évoquer un nouveau référendum. Le ministre des Affaires étrangères, Þórdís Kolbrún Reykfjörð Gylfadóttir, a déclaré : « Nous devons écouter les citoyens, mais aussi peser les conséquences économiques et politiques d'une telle décision. »

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La pêche, un obstacle majeur

La pêche reste le principal point de blocage. Les Islandais craignent que l'adhésion ne remette en cause leur contrôle sur leurs zones de pêche, vitales pour l'économie nationale. « La politique commune de la pêche de l'UE est incompatible avec nos intérêts », affirme Bjarni Benediktsson, ancien ministre des Finances et membre du Parti de l'indépendance, opposé à l'UE.

Les agriculteurs islandais partagent ces craintes. L'agriculture locale, protégée par des barrières douanières élevées, serait exposée à la concurrence européenne. Selon l'Association des agriculteurs islandais, une adhésion pourrait entraîner une baisse de 20 % des revenus agricoles.

Un débat relancé par la guerre en Ukraine

La guerre en Ukraine a toutefois relancé les discussions sur la sécurité. L'Islande, membre de l'OTAN mais pas de l'UE, a renforcé sa coopération avec Bruxelles dans les domaines de la défense et de l'énergie. Certains experts, comme Eiríkur Bergmann, professeur de sciences politiques à l'université de Bifröst, estiment que « la donne géopolitique a changé, mais l'opinion publique reste sceptique ».

Le gouvernement islandais a récemment signé un accord avec l'UE sur la participation à des projets de défense, sans pour autant ouvrir la voie à une adhésion. Les prochaines élections législatives, prévues en 2027, pourraient toutefois raviver le débat.

Une opinion publique partagée

Les jeunes Islandais semblent plus ouverts à l'UE que leurs aînés. Selon le même sondage, 42 % des 18-29 ans y sont favorables, contre 22 % des plus de 60 ans. Cette fracture générationnelle pourrait influencer les futurs scrutins.

En attendant, le gouvernement islandais se concentre sur d'autres priorités, comme la transition énergétique et le tourisme. Aucun référendum n'est programmé, et les partis politiques restent divisés sur la question. L'Islande, bien que membre de l'espace Schengen et de l'Espace économique européen, continue de suivre sa propre voie, loin de Bruxelles.

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