Hongrie : médias publics pro-Orban cessent d'émettre
Hongrie : médias publics pro-Orban cessent d'émettre

Le Premier ministre hongrois, Peter Magyar, a annoncé ce mardi 7 juillet 2026 que les télévisions et radios publiques, accusées d'être des relais de la propagande de l'ancien dirigeant Viktor Orban, ont cessé d'émettre. Cette décision, qualifiée d'historique par les observateurs, marque un tournant dans la lutte pour l'indépendance des médias en Hongrie.

Une annonce choc dans un contexte de réformes

Lors d'une conférence de presse tenue à Budapest, Peter Magyar a déclaré : « Dès aujourd'hui, les chaînes et stations publiques qui ont servi de porte-voix au régime Orban ne diffusent plus. C'est une étape nécessaire pour restaurer la confiance des citoyens dans les médias. » Selon lui, cette mesure concerne notamment M1, M2, Duna TV, ainsi que les radios Kossuth et Petőfi, qui totalisaient ensemble plus de 2 millions d'auditeurs quotidiens.

Cette décision intervient après plusieurs mois de tensions entre le nouveau gouvernement et les médias publics, accusés de partialité lors des élections législatives de 2025. Une enquête commandée par l'exécutif a révélé que 78 % des contenus d'information diffusés par ces médias favorisaient explicitement les positions du Fidesz, le parti de Viktor Orban.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Réactions contrastées

L'opposition, notamment les partis libéraux et écologistes, a salué une « victoire pour la démocratie ». Gábor Vona, député du Mouvement pour une Hongrie moderne, a estimé que « cette décision met fin à des années de manipulation médiatique ». En revanche, les proches de Viktor Orban dénoncent une « censure politique ». L'ancien ministre de la Communication, Zoltán Kovács, a tweeté : « Magyar bâillonne la liberté d'expression. Les Hongrois méritent mieux. »

La Commission européenne a pris acte de cette annonce, rappelant que « l'indépendance des médias est un pilier de l'État de droit ». Bruxelles avait ouvert une procédure d'infraction contre la Hongrie en 2024 pour non-respect des normes européennes en matière de pluralisme des médias.

Un plan de transition ambitieux

Le gouvernement a dévoilé un plan de transition sur six mois. Les fréquences des médias publics seront temporairement attribuées à des consortiums indépendants, sélectionnés par un comité d'experts. Un budget de 150 millions d'euros a été alloué pour financer cette transition et indemniser les 1 200 employés concernés. Peter Magyar a précisé que « l'objectif est de créer un service public audiovisuel pluraliste et transparent d'ici janvier 2027 ».

Des journalistes des médias concernés ont exprimé leur inquiétude. « Beaucoup d'entre nous ont travaillé sous pression. Nous espérons que cette transition se fera dans le respect des droits des salariés », a déclaré Márta Kovács, représentante syndicale. Une cellule de suivi a été mise en place pour accompagner les personnels.

Conséquences politiques et médiatiques

Cette décision pourrait affaiblir durablement l'influence du Fidesz, qui perd un outil de communication majeur. Selon un sondage de l'institut Závecz Research, 62 % des Hongrois estiment que les médias publics étaient « instrumentalisés politiquement ». La mesure de Peter Magyar semble répondre à une attente citoyenne.

À l'international, cette annonce est perçue comme un signal fort. Le département d'État américain a salué « une avancée pour la démocratie en Europe centrale ». La Russie, alliée de Viktor Orban, a dénoncé une « ingérence occidentale ». Les analystes estiment que ce tournant médiatique pourrait influencer les prochaines élections européennes de 2027.

Reste à savoir si cette transition se fera sans heurts. Des manifestations de soutien à Viktor Orban sont prévues ce week-end à Budapest. Le gouvernement a assuré que la liberté de la presse serait garantie, tout en rappelant que les médias privés, comme le groupe pro-Orban Hír TV, ne sont pas concernés par cette mesure.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale