Nigel Farage a choisi une réponse très personnelle à l'enquête parlementaire qui le vise : retourner devant les électeurs. Mardi 7 juillet, le chef de Reform UK a annoncé sa démission de son mandat de député de Clacton (Essex), provoquant une élection législative partielle à laquelle il se présentera. Dans une vidéo, il a expliqué vouloir laisser « les habitants de Clacton » juger ses actions.
Un don controversé de 5 millions de livres
Cette décision fait suite à la révélation d'un don de 5 millions de livres sterling (environ 5,7 millions d'euros) provenant de Christopher Harborne, milliardaire spécialisé dans les cryptomonnaies, qui n'aurait pas été déclaré aux autorités compétentes. Le comité d'éthique du Parlement britannique a ouvert une enquête en mai. Farage affirme n'avoir « rien fait de mal » et n'a pas été sanctionné à ce stade.
Une deuxième enquête sur les finances
Farage a également indiqué que ses finances font l'objet d'une seconde enquête, concernant des allégations liées à George Cottrell, un proche condamné pour fraude par le passé. Selon la presse britannique, Farage aurait bénéficié de services de sécurité, d'hébergement et de prise en charge de sa communication sur les réseaux sociaux dans l'année précédant les législatives de 2024. Le débat porte sur ce qui doit être déclaré lors d'une campagne électorale.
Un moment sensible pour Reform UK
Cette affaire survient alors que Reform UK, en tête de nombreux sondages nationaux depuis plus d'un an, menace l'équilibre traditionnel entre travaillistes et conservateurs. Farage n'est plus un simple agitateur du Brexit, mais dirige un parti qui aspire à gouverner, rendant les questions de transparence plus cruciales.
Le calcul de la partielle
En provoquant lui-même le scrutin, Farage tente de reprendre l'initiative avant que la procédure parlementaire n'impose son calendrier. En cas de violation grave, une suspension de dix jours ou plus pourrait entraîner une pétition de révocation, puis une partielle. Il préfère donc un vote à Clacton plutôt que d'attendre une décision de Westminster.
Les électeurs devront choisir entre sa ligne politique, sa notoriété, son rôle dans Reform UK, ou les questions sur ses financements. S'il est réélu, il conservera son siège avec un mandat renouvelé, mais l'enquête parlementaire suivra son cours. La partielle dira si Clacton le veut toujours comme député ; l'enquête déterminera ce qu'il devait déclarer.



