Le fait du jour : l'UE convoque la Russie après les menaces de Moscou
L'armée russe va-t-elle relancer une offensive ? Les dirigeants européens ont en tout cas convoqué mardi les représentants russes dans leur zone après l'appel de Moscou aux diplomates étrangers à quitter Kiev avant de nouvelles frappes russes sur la capitale ukrainienne, déjà massivement bombardée le week-end dernier.
La Russie fait planer depuis plusieurs jours la menace d'une escalade dans ses attaques sur l'Ukraine pour se venger d'une frappe ukrainienne ayant tué, selon Moscou, 21 personnes dans un lycée en territoire occupé.
Dénonçant une « escalade inacceptable », l'UE a annoncé que le chargé d'affaires russe à Bruxelles avait été convoqué en signe de protestation et assuré que la délégation de l'UE resterait présente à Kiev. Plusieurs pays européens ont, eux aussi, agi de la sorte. À l'ONU, une cinquantaine d'États ont dénoncé les « menaces » de la Russie.
Chose rare, l'avertissement de Moscou a été répété individuellement par le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov à son homologue américain Marco Rubio. Les États-Unis ont rappelé qu'ils restaient prêts à se poser en médiateur et « à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faciliter la fin de cette guerre ».
La déclaration du jour : Ursula von der Leyen accuse la Russie de déstabilisation
« Ce ne sont pas des incidents isolés, c'est une stratégie délibérée de la Russie qui cherche à déstabiliser nos sociétés démocratiques. Mais tout comme sur les champs de bataille en Ukraine, la Russie y échoue. »
Les paroles sont signées Ursula von der Leyen. En visite ce mardi à Vilnius, la présidente de la Commission européenne a fait porter la responsabilité des récentes alertes aux drones dans les États baltes sur la Russie, l'accusant de chercher à « déstabiliser les sociétés démocratiques » de l'UE.
« Les habitants des pays baltes éprouvent ce que beaucoup pensaient appartenir à un autre temps. Des alertes aériennes, des familles réfugiées dans des abris, des écoles fermées, des transports suspendus. Telle est la réalité sur la frontière orientale de l'Europe en 2026 », s'est indignée Ursula von der Leyen.
Les États baltes, ex-républiques soviétiques partageant une longue frontière avec la Russie, enregistrent depuis plusieurs semaines un nombre croissant d'intrusions et de chutes de drones sur leurs territoires.
Le chiffre du jour : 10 millions de roubles de dettes effacées pour les recrues russes
10 millions de roubles, soit environ 120 000 euros. C'est le copieux montant de dettes que les nouvelles recrues engagées pour participer à l'offensive en Ukraine pourront voir effacer, selon une loi signée ce lundi, nouvel exemple des incitations du Kremlin pour recruter des militaires.
Depuis plus de quatre ans, la Russie propose des salaires attractifs et des avantages sociaux aux personnes qui s'engagent dans son offensive à grande échelle contre l'Ukraine, lancée en février 2022.
Cette loi prévoit également un possible effacement des dettes du conjoint de la personne signant le contrat. D'après ce texte, le nouveau contrat doit être signé pour une durée minimale d'un an et implique une participation à « l'opération militaire spéciale », le terme utilisé par le Kremlin pour désigner son offensive en Ukraine.
La tendance : Edouard Philippe en visite à Kiev, favorable à des troupes européennes
L'ex-Premier ministre d'Emmanuel Macron et candidat à la présidentielle française de 2027, Edouard Philippe, était en visite ce mardi à Kiev, où il a rencontré le président Volodymyr Zelensky.
L'ancien Premier ministre français a indiqué avoir fait part de sa « détermination à rester aux côtés de l'Ukraine jusqu'à ce que les conditions de la paix soient réunies, et même au-delà ». « Je suis favorable à ce que des troupes européennes soient déployées en Ukraine une fois la paix revenue, pour garantir que la Russie ne soit pas tentée de reprendre ses attaques », a-t-il dit, affirmant qu'il s'engagera « à œuvrer pour que l'Ukraine puisse entrer dans l'Otan ».



