Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a justifié ce mercredi l'arrêté d'expulsion pris à l'encontre de Xenia Fedorova, journaliste russe travaillant pour le média Sputnik, en expliquant que ses activités relevaient d'une propagande visant à déstabiliser les institutions démocratiques françaises.
Une mesure préventive contre l'ingérence
Interrogé lors d'une conférence de presse, Laurent Nuñez a déclaré : « Les actions de cette journaliste s'inscrivent dans une campagne de propagande orchestrée par la Russie, qui a pour objectif de saper le fonctionnement démocratique de notre pays. » Il a précisé que l'expulsion avait été décidée après plusieurs mois de surveillance, et qu'elle était « nécessaire pour protéger l'intérêt national ».
Xenia Fedorova, correspondante à Paris depuis 2019, était connue pour ses reportages souvent critiques envers les politiques occidentales. Selon les services de renseignement, elle aurait diffusé des informations fausses ou biaisées, notamment sur les élections françaises et la gestion de la pandémie de Covid-19.
Des précédents diplomatiques
Cette expulsion intervient dans un contexte de tensions accrues entre la France et la Russie. Depuis le début de l'année 2026, quatre autres ressortissants russes ont été expulsés pour des motifs similaires, selon les chiffres communiqués par le ministère de l'Intérieur. Ces mesures s'inscrivent dans la stratégie de lutte contre les ingérences étrangères, renforcée après l'affaire des cyberattaques de 2024.
L'opposition et plusieurs associations de défense de la presse ont critiqué cette décision, y voyant une atteinte à la liberté d'information. Reporters sans frontières a estimé que « l'expulsion d'un journaliste pour ses opinions est une mesure disproportionnée qui affaiblit la démocratie qu'elle prétend protéger ».
Une décision assumée par le gouvernement
Le ministre Nuñez a balayé ces critiques, affirmant que « la liberté de la presse n'est pas en cause : ce qui est en cause, c'est la diffusion délibérée de fausses informations pour manipuler l'opinion publique ». Il a ajouté que la France continuerait à expulser toute personne représentant une menace pour la sécurité nationale, quelle que soit sa profession.
Xenia Fedorova a été placée dans un centre de rétention administrative en attendant son départ vers la Russie. Son avocat a annoncé un recours devant le tribunal administratif, dénonçant une procédure « arbitraire et discriminatoire ».



