En 2013, le spectre d'un Brexit hantait déjà les couloirs de Bruxelles. Alors que David Cameron promettait un référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne, les scénarios d'une éventuelle sécession étaient déjà envisagés. Que deviendrait l'Europe sans l'un de ses poids lourds économiques et diplomatiques ? Une analyse rétrospective montre que les craintes exprimées à l'époque se sont en grande partie réalisées.
Un affaiblissement économique et budgétaire
Le Royaume-Uni était en 2013 le deuxième contributeur net au budget de l'UE, derrière l'Allemagne. Selon les données de la Commission européenne, Londres versait environ 11 milliards d'euros par an de plus qu'il ne recevait. Une sortie britannique aurait donc créé un trou budgétaire significatif, obligeant les autres États membres à augmenter leurs contributions ou à réduire les dépenses communes. Les experts estimaient alors que le PIB de l'UE pourrait chuter de 2 à 3 % à long terme.
Une perte d'influence géopolitique
L'UE sans le Royaume-Uni, c'était aussi une perte de poids sur la scène internationale. Londres apportait son réseau diplomatique, son siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU et ses capacités militaires. Un diplomate français cité dans l'article de L'Express soulignait : « Le Royaume-Uni est un pont transatlantique indispensable pour l'Europe. Sans lui, l'UE risque de se replier sur elle-même. »
Des conséquences sur les politiques européennes
Le départ britannique aurait également des répercussions sur les orientations politiques de l'UE. Le Royaume-Uni était un fervent défenseur du libre-échange et de la dérégulation, s'opposant souvent à une intégration politique plus poussée. Son absence renforcerait le poids des pays favorables à une Europe fédérale, comme la France et l'Allemagne, mais pourrait aussi exacerber les divisions entre l'Est et l'Ouest.
Un impact sur les citoyens et les entreprises
En 2013, les entreprises britanniques réalisaient près de la moitié de leurs échanges commerciaux avec l'UE. Une sortie sans accord aurait entraîné des barrières douanières et des coûts supplémentaires. Les citoyens européens résidant au Royaume-Uni, estimés à 2,3 millions, auraient vu leur statut menacé. L'incertitude juridique était déjà perçue comme un risque majeur pour les investissements.
Un précédent aux conséquences incertaines
L'éventualité d'un Brexit en 2013 était considérée comme un précédent dangereux. D'autres pays eurosceptiques, comme les Pays-Bas ou la Suède, auraient pu être tentés de suivre l'exemple britannique. Selon un sondage Eurobaromètre de 2013, seulement 37 % des Européens estimaient que leur pays avait bénéficié de l'UE, un chiffre en baisse constante depuis la crise de 2008.
Le scénario devenu réalité
Avec le recul, les prévisions de 2013 se sont avérées justes. Le Brexit, officialisé en 2020, a affaibli l'UE économiquement et politiquement. Le budget européen a dû être révisé, et les négociations commerciales post-Brexit ont été laborieuses. L'influence de l'UE sur la scène mondiale a diminué, tandis que les divisions internes se sont accentuées. Comme le concluait l'article de L'Express : « Sans le Royaume-Uni, l'Europe serait moins riche, moins puissante et plus divisée. »



