Il y a dix ans, le 23 juin 2016, les Britanniques votaient à 51,9 % en faveur de la sortie de l'Union européenne. Aujourd'hui, ce choix est largement regretté. Selon un sondage YouGov et Mandate publié le 21 juin 2026 par le Conseil européen pour les Relations internationales (ECFR), une majorité de Britanniques estime que le Brexit a eu un effet négatif sur le pays, notamment sur le coût de la vie (66 %), l'économie (65 %), les perspectives pour les jeunes (57 %) et la gestion de l'immigration illégale (56 %).
Une vague populiste persistante
Le Brexit, effectif depuis janvier 2020, n'a pas apaisé les velléités protestataires. Arrivée en tête des élections locales en Grande-Bretagne début mai 2026, la formation d'extrême droite Reform UK est désormais le premier parti du Royaume-Uni dans les sondages. Pour le politologue Gilles Ivaldi, interrogé par Nathalie Funès, ce phénomène n'est pas un accident de l'histoire mais un symptôme de la vague nationale-populiste.
Les similitudes entre Brexit et Reform UK
Selon Gilles Ivaldi, « on retrouve entre le vote pro-Brexit et le vote d’extrême droite la même composante populiste, de protestation contre les élites ». Les deux mouvements partagent une rhétorique anti-establishment et un rejet des institutions traditionnelles. Toutefois, le politologue nuance : « Le Brexit était un vote sur une question spécifique, tandis que Reform UK capitalise sur un mécontentement plus large, lié à l'immigration, à l'économie et à la perte de souveraineté. »
Un regret généralisé du Brexit
Le sondage de l'ECFR révèle que 66 % des Britanniques jugent le Brexit négatif pour le coût de la vie, 65 % pour l'économie, 57 % pour les perspectives des jeunes et 56 % pour la gestion de l'immigration illégale. Ces chiffres montrent un revirement significatif de l'opinion publique depuis le référendum de 2016.
Reform UK en tête des sondages
Reform UK, parti d'extrême droite dirigé par Nigel Farage, a remporté les élections locales de mai 2026 et devance désormais les conservateurs et les travaillistes dans les intentions de vote. Cette percée s'explique par un électorat séduit par un discours nationaliste et anti-immigration, similaire à celui des partis populistes en Europe.
Une tendance européenne
Gilles Ivaldi souligne que le cas britannique s'inscrit dans un mouvement plus large : « La montée des partis populistes en Europe, comme le Rassemblement national en France ou l'Alternative pour l'Allemagne, repose sur les mêmes ressorts : défiance envers les élites, crispation identitaire et rejet de l'Union européenne. »



