Andy Burnham, le maire de Manchester, s'est déclaré candidat à la direction du Parti travailliste, avec l'ambition de devenir Premier ministre. Dans une interview accordée au Point, il expose sa vision de la politique européenne du Royaume-Uni, prônant un rapprochement pragmatique avec l'Union européenne (UE) sans pour autant remettre en cause le Brexit.
Un nouveau chapitre dans les relations UE-Royaume-Uni
Burnham estime que le Brexit a été un échec pour le Royaume-Uni, mais il reconnaît que le pays ne peut pas revenir en arrière. Il propose plutôt de construire une relation "adulte et mature" avec l'UE, fondée sur la coopération et le respect mutuel. Selon lui, le Royaume-Uni doit chercher à participer à certains programmes européens, comme le programme de recherche Horizon Europe, et à établir des accords de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles.
"Nous devons être honnêtes avec le peuple britannique : le Brexit a affaibli notre économie et notre influence. Mais nous ne pouvons pas passer notre temps à ressasser le passé. Il est temps de regarder vers l'avant et de construire une nouvelle relation avec nos voisins européens", déclare Burnham.
Un agenda social et économique
Le candidat travailliste met également l'accent sur la nécessité de protéger les droits des travailleurs et les normes environnementales, qu'il juge menacés par la politique du gouvernement conservateur. Il propose de renforcer la coopération avec l'UE dans les domaines de la lutte contre le changement climatique et de la régulation des entreprises multinationales.
"Nous ne pouvons pas laisser le Brexit être une excuse pour abaisser les normes. Au contraire, nous devons travailler avec l'UE pour élever ces normes et protéger les citoyens", ajoute-t-il.
Une politique étrangère indépendante mais alignée
Sur la scène internationale, Burnham défend une politique étrangère britannique indépendante, mais alignée sur les valeurs européennes. Il souhaite que le Royaume-Uni joue un rôle actif dans la défense de la démocratie et des droits de l'homme, en étroite coordination avec l'UE et ses États membres.
"Le Royaume-Uni ne doit pas être un simple spectateur en Europe. Nous devons être un acteur engagé, aux côtés de nos alliés européens, pour promouvoir la paix et la prospérité", insiste-t-il.
Interrogé sur la possibilité d'un retour du Royaume-Uni dans l'UE, Burnham écarte cette option, estimant qu'elle n'est pas réaliste politiquement. Il préfère se concentrer sur des améliorations concrètes dans les relations bilatérales.
Un soutien mitigé au sein du Parti travailliste
La position de Burnham sur l'Europe suscite des réactions mitigées au sein du Parti travailliste. Certains militants, favorables à un retour dans l'UE, jugent sa position trop timide. D'autres, plus eurosceptiques, craignent un alignement trop étroit avec Bruxelles. Burnham tente de rassembler son parti autour d'une ligne pragmatique.
"Le Parti travailliste doit être uni sur cette question. Nous devons montrer aux Britanniques que nous avons une vision claire et crédible pour l'avenir du pays en Europe", conclut-il.



