La police britannique en alerte maximale
La police britannique est en état d'alerte ce samedi 16 mai avant des manifestations susceptibles de rassembler à Londres des dizaines de milliers de personnes. Parmi elles, celle du militant anti-islam et anti-immigration Tommy Robinson, qui espère réaliser une nouvelle démonstration de force avec sa marche baptisée « Unite the Kingdom ».
Quelque 4 000 policiers seront déployés lors d'une opération de maintien de l'ordre qualifiée de « sans précédent ces dernières années ». Ils devront également encadrer une marche propalestinienne et la finale de la Coupe d'Angleterre entre Manchester City et Chelsea au stade de Wembley, qui réunira près de 90 000 spectateurs.
Des mesures de sécurité inédites
La police prévoit de déployer des véhicules blindés, des drones et des hélicoptères, ainsi que des caméras de reconnaissance faciale en direct, une première dans le cadre d'une manifestation. Ces caméras permettent d'identifier des suspects recherchés, certains participants pouvant représenter « une menace pour la sécurité publique », selon les autorités.
Tommy Robinson, de son vrai nom Stephen Yaxley-Lennon, a exhorté ses partisans à être paisibles : « Ne portez pas de masques, abstenez-vous de boire de l'alcool en excès et soyez paisibles », a-t-il déclaré vendredi. Cet activiste, très populaire sur X malgré des condamnations et séjours en prison, tente de reproduire le succès de sa marche de septembre, qui avait attiré jusqu'à 150 000 personnes à Londres pour défendre la « liberté d'expression ».
Une extrême droite internationale
Downing Street a annoncé que 11 « agitateurs étrangers d'extrême droite » avaient été interdits d'entrée au Royaume-Uni. Figure parmi eux l'Américano-Colombienne Valentina Gomez, « connue pour tenir des propos incendiaires et déshumanisants à l'égard des musulmans ». L'eurodéputé nationaliste polonais Dominik Tarczynski et le député régional flamand du parti d'extrême droite belge Vlaams Belang, Filip Dewinter, ont aussi dit s'être fait refuser l'entrée.
Leur invitation illustre les dynamiques d'une extrême droite « internationale », avec « un réseau qui travaille en synergie », indique Matthew Feldman, spécialiste du sujet à l'université anglaise de Teesside.
Le gouvernement britannique ferme
Le Premier ministre Keir Starmer a qualifié les organisateurs de « voyous et de racistes condamnés par la justice, qui colportent la haine et la division ». Dans une vidéo sur X, il a ajouté que toute personne qui recourra à la violence fera face à « toute la force de la loi ».
Selon Matthew Feldman, l'objectif de Tommy Robinson est de faire une « démonstration de force » qui se veut « respectueuse de la loi » et susceptible d'attirer des familles, contrairement aux rassemblements de son ancien groupe, l'English Defence League. En septembre, des affrontements entre la police et les manifestants avaient toutefois éclaté.



