Argentine : manifestations massives contre les coupes budgétaires dans l'université publique
Argentine : mobilisation contre les coupes budgétaires à l'université

En Argentine, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de Buenos Aires et de nombreuses autres villes pour protester contre les coupes budgétaires drastiques imposées par le gouvernement de Javier Milei à l'université publique. Cette mobilisation, la plus importante depuis l'arrivée au pouvoir du président libertarien en décembre 2023, a rassemblé étudiants, enseignants, chercheurs et citoyens inquiets pour l'avenir de l'enseignement supérieur gratuit et de qualité.

Un symbole attaqué

L'université publique argentine, gratuite et ouverte à tous depuis la réforme de 1918, est un pilier de l'identité nationale et un vecteur de mobilité sociale. Les coupes budgétaires annoncées, qui réduisent de 40 % les crédits alloués aux établissements d'enseignement supérieur, ont suscité une vive émotion dans un pays où l'éducation est considérée comme un droit fondamental. Les manifestants dénoncent une politique qui menace l'avenir de millions de jeunes et compromet la recherche scientifique.

Une mobilisation sans précédent

À Buenos Aires, la Place de Mai a été noire de monde, avec une foule estimée à plus de 200 000 personnes selon les organisateurs. Des cortèges ont également eu lieu à Córdoba, Rosario, Mendoza et La Plata, entre autres. Les pancartes proclamaient des slogans tels que « L'éducation ne se touche pas » et « Non à l'ajustement budgétaire ». La marche, qui s'est déroulée dans le calme, a été soutenue par des syndicats, des partis d'opposition et des organisations de défense des droits humains.

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Les conséquences des coupes

Selon les recteurs d'université, les réductions budgétaires entraîneront la fermeture de nombreux laboratoires de recherche, la suppression de bourses d'études et une augmentation des frais d'inscription, compromettant ainsi l'accès à l'éducation pour les étudiants les plus modestes. Déjà, plusieurs universités ont annoncé qu'elles ne pourront pas assurer la totalité des cours prévus pour le semestre à venir. Le gouvernement justifie ces mesures par la nécessité de réduire le déficit public et de lutter contre l'inflation, qui dépasse 200 % sur un an.

Une réponse gouvernementale ferme

Le président Javier Milei, élu sur un programme de réduction drastique de la dépense publique, a qualifié les manifestants de « privilégiés » et défendu sa politique d'austérité. Dans un discours télévisé, il a affirmé que « l'argent public n'est pas infini » et que « les temps de l'assistanat sont révolus ». Cependant, cette position semble renforcer l'opposition, alors que les sondages montrent une baisse de popularité du gouvernement, avec une majorité d'Argentins désormais défavorables à la politique d'ajustement.

Un mouvement qui s'étend

La contestation ne se limite pas au secteur de l'éducation. Des mouvements similaires émergent dans d'autres domaines, comme la santé et la culture, également touchés par des coupes budgétaires. Les prochains jours pourraient voir une amplification de la mobilisation, avec des appels à une grève générale lancés par les principaux syndicats. L'Argentine, qui traverse une grave crise économique, semble entrer dans une phase de tensions sociales croissantes, alors que le gouvernement reste inflexible sur sa feuille de route libérale.

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