Gard : retour en prison pour le conducteur de l'accident mortel
Gard : retour en prison pour l'auteur de l'accident mortel

Yassine El Ghaouat, l'homme de 34 ans responsable de l'accident routier qui a coûté la vie à Manon, 20 ans, le 12 juillet 2022 à Alès, a été condamné à quatre ans de prison, dont un an avec sursis probatoire. Un mandat de dépôt a été décerné à son encontre, le renvoyant immédiatement en détention.

Un drame routier aux circonstances tragiques

Le 12 juillet 2022, vers 6 heures du matin, après une nuit de fête, Yassine El Ghaouat conduisait son Audi à vive allure entre Saint-Martin-de-Valgalgues et le rond-point de l'hôpital d'Alès. Selon l'expert en accidentologie, la vitesse était estimée à 138 km/h. Le conducteur a perdu le contrôle du véhicule, qui a effectué plusieurs tonneaux. Trois hommes et deux femmes se trouvaient à bord. Manon, passagère, a été tuée sur le coup.

À la barre, le prévenu a reconnu avoir consommé de l'alcool et du protoxyde d'azote avant de prendre le volant. Il a déclaré : "Je suis sorti le premier de la voiture, je voulais les sortir. J'ai vu qu'il y avait une fille dessous, j'ai essayé de pousser la voiture. Comme je n'y arrivais pas, j'ai essayé d'arrêter des voitures." Cependant, ses souvenirs contredisent les témoignages des autres victimes et des témoins de l'accident.

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Des versions discordantes et une soirée sous le signe de l'insouciance

Deux parties civiles, un frère et sa sœur qui étaient passagers arrière, ont décrit la soirée. Le groupe s'était retrouvé aux Allemandes, puis était allé chercher Manon à Vézénobres. Après un passage à l'épicerie de Rochebelle pour acheter une bouteille de vodka, ils se sont rendus à l'Ermitage pour boire quelques verres, avant de retourner à Salindres chez la sœur. "Comme on n'avait plus d'alcool, on a appelé mon client", a plaidé Me Yannis El Okki. Ils sont alors repartis à Rochebelle pour acheter une autre bouteille et du protoxyde d'azote dans une épicerie clandestine.

Le conducteur et le passager avant (qui ne s'est pas constitué partie civile) ont effectué les achats. L'équipée a ensuite repris la route en direction de Salindres. "Dans la voiture, les verres et les ballons de protoxyde ne se sont pas confectionnés par miracle", a estimé l'avocat de la défense. "Personne ne dit stop. Personne n'est attaché derrière. Cela ne diminue pas les fautes du conducteur, mais on peut estimer que les responsabilités peuvent être partagées. C'est la banalisation du danger. Ce dossier n'est pas l'histoire d'un monstre, mais d'un drame collectif."

Le chagrin d'une famille brisée

Assis sur le banc des parties civiles, les parents et la sœur de Manon n'ont pu prendre la parole tant leur douleur était vive. Pour exprimer leur désarroi, Me Valentine Cassan a lu une lettre particulièrement émouvante : "Manon s'est battue pour la vie avec des hauts et des bas. Avec sa volonté, elle a voulu s'en sortir. Elle voulait aider les personnes âgées avec lesquelles elle était en confiance, contrairement aux jeunes gens de son âge qui l'avaient trahi. Pour nous, chaque jour est un combat. La situation est irréversible. Une vie a été détruite, une famille est punie jusqu'à ses derniers jours."

Un conducteur au lourd passé judiciaire

Le substitut du procureur, Quentin Larroque, a été sévère : "Le conducteur tente de s'en tirer à bon compte. Non, il n'a pas porté secours aux victimes. Il a préféré quitter les lieux. L'expertise psychologique le décrit comme un psychopathe qui ne se remet pas en cause. C'est un meurtrier de la route." Le magistrat a également rappelé le passé judiciaire de l'accusé : en 2022, au moment de l'accident, il était déjà sous le coup d'un sursis. Placé en détention provisoire après l'accident, il a connu un incident en prison pour stupéfiants. En 2025, il a commis des violences sur son ex-compagne, ce qui l'a conduit à une nouvelle incarcération.

Une rescapée, passagère arrière, a témoigné : "Il roulait trop vite. On pressentait qu'il allait se passer quelque chose. Derrière, on a fermé les yeux et on s'est pris par les mains." Selon son conseil, Me Géraldine Atthenont, elle "culpabilise d'avoir survécu à l'accident."

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Conformément aux réquisitions du ministère public, Yassine El Ghaouat a été condamné à 4 ans de prison dont un an avec sursis probatoire. Un mandat de dépôt a été décerné à son encontre, signifiant son retour immédiat en détention.