C'est une nomination qui en chasse une autre. Après la désignation polémique la semaine dernière de son protégé Bill Pulte à la tête du renseignement américain, Donald Trump a finalement cédé aux pressions pour revenir sur sa décision. Des critiques formulées notamment par l'opposition démocrate, fustigeant du copinage, mais aussi par son propre camp, critique du manque d'expérience de Bill Pulte, expert en financement du logement, en matière de sécurité.
Jay Clayton, un profil judiciaire pour le renseignement
Finalement, c'est donc Jay Clayton qui a été nommé pour succéder à Tulsi Gabbard - qui quitte son poste au 30 juin - et chapeauter les 18 agences de renseignement réparties dans plusieurs ministères. Ce dernier a passé les 14 derniers mois en tant que procureur fédéral à Manhattan et a été le principal responsable de la répression des fraudes à Wall Street pendant le premier mandat de Donald Trump. Dans le cadre de son activité de procureur, il a entre autres approuvé l'acte d'accusation contre le président vénézuélien Nicolas Maduro, et suivi de près les dossiers liés à Jeffrey Epstein ou à Luigi Mangione.
Peu d'expertise en matière de sécurité nationale
Jay Clayton restera procureur fédéral du district sud jusqu'à sa confirmation au poste de directeur du renseignement national - qui doit passer devant le Sénat -, a déclaré jeudi 11 juin son porte-parole, Nicholas Biase. Le choix de Trump de le nommer directeur du renseignement national a été salué jeudi par les deux partis au Congrès, malgré un parcours qui laisse penser qu'il ne possède pas l'expertise approfondie en matière de sécurité nationale requise par la loi pour ce poste, analyse le Washington Post.
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Ses détracteurs lui reprochent par ailleurs de ne pas assez s'opposer à certaines décisions motivées politiquement de Donald Trump. Mimi Rocah, ancienne procureure du district sud de New York, lui a souvent reproché de ne pas avoir protesté contre le limogeage de Maurene Comey par l'administration Trump en 2025. Une décision prise selon elle pour faire payer à cette avocate, parmi les plus réputées du bureau, les positions de son père, James B. Comey, ancien directeur du FBI, et l'un des principaux adversaires de Donald Trump. Plus récemment, le New York Times a rapporté que Clayton jouait au golf avec Trump, et qu'il était "souvent absent" de son bureau.
Candidature plus consensuelle auprès du Sénat américain
Mais Clayton a aussi de fervents partisans : Steven R. Peikin, ancien procureur du district sud, qui a aussi été son associé lorsqu'il était avocat chez Sullivan & Cromwell, a lui déclaré au New York Times que Jay Clayton avait eu "un mandat très solide en tant que procureur des Etats-Unis". "Il a continué à s'attaquer aux problèmes dans lesquels le bureau est depuis longtemps un chef de file national, notamment la fraude boursière à grande échelle et le terrorisme international", a-t-il fait valoir. Il est également vu d'un bon œil par l'actuel directeur de la CIA, John Ratcliffe. Cet ex-procureur fédéral, qui avait lui-même occupé le poste de directeur du renseignement, a poussé auprès de Trump pour la nomination de Clayton, indique CNN. "Rares sont les personnes, dans le milieu juridique, qui jouissent du même respect que Jay", a pour sa part écrit Donald Trump dans une publication sur Truth Social. "J’encourage le Sénat américain à confirmer la nomination de Jay au plus vite."
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Le sénateur Mark R. Warner (Virginie) et le représentant Jim Himes (Connecticut), les démocrates les plus influents au sein des commissions du renseignement du Sénat et de la Chambre des représentants, ont tous deux exprimé leur soutien à la nomination de Clayton. Ils ont toutefois remis en question le moment choisi par Trump pour cette annonce, qui intervient alors que les membres de la Chambre viennent de rejeter la prolongation de la loi sur la surveillance du renseignement étranger pour protester contre la nomination de Bill Pulte au poste de directeur du renseignement national par intérim.



