Une enquête ouverte après le piratage de cinq SDIS
La section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris a été saisie d'une enquête après le piratage des sites internet de cinq Services départementaux d'Incendie et de Secours (SDIS), a-t-on appris lundi auprès du parquet. Les attaques, selon une source judiciaire, « n'impactent pas le fonctionnement de ces sites, mais qui ont eu pour effet d'extraire des données personnelles y étant stockées ».
L'enquête, ouverte notamment pour accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données et extraction de ces données, a été confiée à l'Office anti-cybercriminalité. Les cinq SDIS concernés sont ceux de l'Aisne, des Alpes-de-Haute-Provence, des Alpes-Maritimes, des Landes et de la Marne.
Deux suspects identifiés
Selon une source policière, deux suspects impliqués dans la cyberattaque contre le SDIS de la Marne ont été identifiés dans la nuit de vendredi à samedi. Le piratage a permis la captation et diffusion de 2 100 identités de personnels et 700 mégaoctets (Mo) de données, selon cette source. Les investigations en cours visent à déterminer l'ampleur exacte des fuites et à identifier d'éventuels complices.
Les SDIS sont régulièrement la cible de cyberattaques en raison de la sensibilité des données qu'ils détiennent, notamment les informations personnelles des sapeurs-pompiers et des victimes d'interventions. En 2022, le SDIS du Var avait subi une attaque similaire, mettant en exergue la vulnérabilité de ces services publics face à la cybercriminalité.
L'ampleur des données volées
Les données extraites incluent des noms, prénoms, adresses, numéros de sécurité sociale et autres informations personnelles. Les 2 100 identités dérobées au SDIS de la Marne représentent une partie importante des effectifs du département. Les 700 Mo de données pourraient contenir des fichiers sensibles liés aux interventions.
Le parquet de Paris rappelle que l'enquête est en cours et que des mesures de sécurisation ont été prises pour éviter de nouvelles intrusions. Les SDIS concernés ont également informé les personnes dont les données ont été compromises et les ont invitées à la vigilance contre d'éventuelles tentatives d'usurpation d'identité.
Un phénomène en hausse
Cette affaire illustre la recrudescence des cyberattaques ciblant les institutions publiques en France. Selon l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), les attaques contre les collectivités territoriales ont augmenté de 40 % en 2023. Les SDIS, de par leur mission critique, sont particulièrement exposés.
Les autorités recommandent aux collectivités de renforcer leurs dispositifs de cybersécurité, notamment par la formation des personnels et la mise en place de systèmes de détection d'intrusion. L'enquête en cours devrait permettre de mieux comprendre les méthodes des pirates et d'améliorer la protection des données.



