Le Service secret britannique (MI6) surpasse la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) française dans le tout premier palmarès des services de renseignement européens, publié jeudi 6 août par un consortium de chercheurs spécialisés en intelligence économique. Cette étude, menée sur la base de critères opérationnels, techniques et budgétaires, place le Royaume-Uni en tête devant la France, l'Allemagne et l'Italie.
Une supériorité britannique affirmée
Selon les auteurs du rapport, le MI6 obtient la note globale de 92 sur 100, contre 85 pour la DGSE. Le renseignement britannique se distingue particulièrement dans les domaines de la cybersurveillance, de la coopération internationale et de l'innovation technologique. « Le Royaume-Uni a investi massivement dans ses capacités de renseignement électronique et humain, ce qui lui confère un avantage décisif », explique le professeur James Peterson, coordinateur de l'étude.
La DGSE, de son côté, excelle dans le renseignement d'origine humaine et le contre-espionnage, mais pâtit d'un budget moindre et d'une coordination inter-agences jugée perfectible. Le rapport souligne que les dépenses britanniques en matière de renseignement s'élèvent à 3,2 milliards d'euros par an, contre 2,1 milliards pour la France.
Des critères précis et chiffrés
Le classement repose sur cinq critères principaux : les capacités techniques (40 % de la note), le renseignement humain (25 %), la coopération avec les alliés (15 %), la réactivité opérationnelle (12 %) et la transparence budgétaire (8 %). Le MI6 devance la DGSE dans les trois premiers, tandis que la France fait jeu égal avec le Royaume-Uni sur la réactivité et la transparence.
Sur le plan technique, le rapport met en avant l'avance britannique en matière d'écoutes électroniques et de traitement automatisé des données. « Le GCHQ, le centre d'écoutes britannique, travaille en synergie avec le MI6, ce qui permet une collecte et une analyse plus efficaces », précise le rapport. En revanche, la DGSE bénéficie d'un réseau de sources humaines plus dense en Afrique et au Moyen-Orient.
Des implications pour la sécurité européenne
Ce palmarès intervient dans un contexte de montée des menaces hybrides et de rivalités entre puissances. Pour les chercheurs, il met en lumière les disparités entre les services européens et plaide pour une mutualisation accrue des moyens. « L'Europe doit renforcer sa coopération en matière de renseignement pour faire face à des adversaires comme la Russie ou la Chine », estime le rapport.
La France, de son côté, pourrait tirer des enseignements de ce classement pour moderniser ses outils. Le ministère des Armées, contacté par Libération, n'a pas souhaité commenter ces résultats. Cependant, plusieurs experts estiment que la DGSE pourrait bénéficier d'une augmentation de ses crédits dans le cadre de la prochaine loi de programmation militaire.
Un classement appelé à évoluer
Les auteurs de l'étude prévoient de réactualiser ce palmarès tous les deux ans. Ils espèrent ainsi encourager une émulation vertueuse entre les services européens. « La transparence sur les performances est un levier pour améliorer l'efficacité collective », conclut le professeur Peterson.
En attendant, ce premier classement confirme la place prépondérante du Royaume-Uni dans le renseignement européen, malgré son départ de l'Union européenne. Une position que la France et l'Allemagne pourraient toutefois contester à moyen terme, si elles investissent massivement dans leurs capacités respectives.



