Israël a empêché, jeudi 11 juin 2026, l'entrée en Cisjordanie d'une journaliste de Radio France Internationale (RFI), une décision qui s'inscrit dans un durcissement des restrictions à l'encontre de la presse étrangère dans les territoires palestiniens occupés.
Un refus d'accès sans précédent
La correspondante de RFI, basée à Jérusalem, s'est vu refuser l'accès à la Cisjordanie au poste de contrôle de Qalandia, au nord de Jérusalem. Selon des sources journalistiques, les autorités israéliennes n'ont fourni aucune explication officielle pour justifier cette interdiction. La journaliste, qui possède une accréditation de presse délivrée par le bureau de presse du gouvernement israélien, avait pour projet de couvrir des événements dans la région de Ramallah.
Une pression croissante sur les médias
Cet incident intervient dans un contexte de tensions accrues entre Israël et les médias internationaux. Depuis plusieurs mois, des organisations de défense de la liberté de la presse, comme Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), dénoncent une multiplication des entraves au travail des journalistes étrangers en Israël et dans les territoires palestiniens. Les restrictions incluent des refus d'accréditation, des interrogatoires prolongés aux points de contrôle, et parfois des expulsions.
Israël justifie ces mesures par des considérations de sécurité, affirmant que certains journalistes peuvent être utilisés pour couvrir des activités hostiles. Cependant, les critiques estiment que ces actions visent à réduire la couverture médiatique des réalités de l'occupation et des violations des droits de l'homme.
Réactions et condamnations
La direction de RFI a exprimé sa vive préoccupation et demandé des éclaircissements aux autorités israéliennes. Dans un communiqué, elle a rappelé que le libre accès des journalistes est essentiel pour une information objective et pluraliste. De son côté, l'Union européenne a appelé Israël à respecter la liberté de la presse, tandis que l'Autorité palestinienne a dénoncé une tentative de museler les voix critiques.
Ce blocage s'ajoute à une série d'incidents similaires : en mai 2026, un journaliste d'Al Jazeera avait été expulsé d'Israël, et plusieurs correspondants de médias européens ont rapporté des difficultés croissantes pour obtenir des visas de travail. La question de la liberté de la presse en Israël et dans les territoires palestiniens reste un sujet brûlant sur la scène internationale.



