Pierre-Henri Chuet, ex-pilote de Rafale, mis en examen pour espionnage
Ex-pilote de Rafale mis en examen pour intelligence étrangère

Un ex-pilote de Rafale devant la justice

Pierre-Henri Chuet, ancien pilote de Rafale dans l'aéronavale et vidéaste connu sous le pseudonyme « Ate Chuet », a été mis en examen pour plusieurs chefs d'accusation graves. Selon le site spécialisé Intelligence Online, relayé par La Voix du Nord, il est notamment poursuivi pour « intelligence avec une puissance étrangère », « divulgation de secret de défense nationale par son dépositaire », « collecte d'informations sur les intérêts fondamentaux de la nation » et « livraison d'information à une puissance étrangère ». Présenté à un juge d'instruction la semaine passée après une garde à vue à la DGSI, il a été placé sous contrôle judiciaire et son domicile a été perquisitionné.

Des séminaires en Chine facturés 20 000 euros

D'après Mediapart, cet homme de 40 ans, fils de pilote de chasse dans l'armée de l'air, s'est rendu en Chine à deux reprises entre le printemps 2018 et le début de la pandémie de Covid-19, alors qu'il était toujours en service dans la marine. Il y a animé des séminaires destinés à des militaires et des civils, portant sur le système d'atterrissage de précision JPALS (Joint Precision Approach and Landing Systems), un système basé sur le GPS. Ces interventions, organisées par l'école de pilotage sud-africaine TFASA (Test Flying Academy of South Africa), ont été facturées plus de 20 000 euros via sa société Mach-3 Management.

Une reconversion dans le conseil et YouTube

Après avoir quitté l'armée en 2021, Pierre-Henri Chuet s'est lancé dans le conseil aux entreprises et la formation, tout en développant sa chaîne YouTube qui compte aujourd'hui plus de 560 000 abonnés. Ses vidéos, très suivies par les passionnés d'aéronautique et de défense, lui ont valu une certaine notoriété. Contacté à l'époque par Mediapart, il avait démenti toute activité illégale, affirmant que ses interventions en Chine étaient purement pédagogiques et sans lien avec des secrets de défense.

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Les charges retenues et leurs implications

Les chefs d'accusation retenus contre lui sont particulièrement lourds. « L'intelligence avec une puissance étrangère » peut être passible de 30 ans de réclusion criminelle et de 450 000 euros d'amende, selon le code pénal. La « divulgation de secret de défense nationale » expose à sept ans d'emprisonnement et 100 000 euros d'amende. L'enquête de la DGSI, qui a duré plusieurs mois, a mis au jour des éléments selon lesquels Chuet aurait partagé des informations sensibles lors de ses séminaires en Chine, bien qu'il conteste ces accusations.

Cette affaire intervient dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes entre la France et la Chine, notamment en matière de transferts de technologies et de protection des secrets militaires. L'ancien pilote, qui a servi sur le porte-avions Charles de Gaulle, était particulièrement au fait des systèmes de navigation et de combat embarqués.

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