Comment les espions russes infiltrent l'Amérique latine
Espions russes en Amérique latine

Le Kremlin a intensifié ses opérations d'espionnage en Amérique latine, infiltrant les gouvernements, les entreprises et les organisations de la société civile. Selon une enquête conjointe de plusieurs médias internationaux, la Russie a déployé au moins 200 agents des services de renseignement (FSB, GRU et SVR) dans la région, dont une centaine sous couverture diplomatique ou commerciale.

Les cibles prioritaires

Les espions russes visent particulièrement les secteurs de l'énergie, des minerais critiques et des télécommunications. Ils cherchent à influencer les décisions politiques, à voler des technologies sensibles et à recruter des informateurs au sein des administrations. Au Mexique, au Brésil et en Argentine, plusieurs agents ont été identifiés comme opérant dans des ambassades ou des entreprises privées.

Un rapport des services de renseignement brésiliens, consulté par nos confrères, indique que « la Russie a multiplié par trois ses effectifs clandestins en Amérique latine depuis 2014 ». Cette augmentation coïncide avec l'annexion de la Crimée et les tensions avec l'Occident.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des méthodes éprouvées

Les techniques d'infiltration incluent le recrutement d'étudiants locaux, la création de sociétés écrans et l'exploitation de réseaux sociaux. Les agents russes utilisent également des plateformes numériques pour diffuser de la désinformation et déstabiliser les gouvernements hostiles à Moscou.

« Ils jouent sur les divisions politiques et attisent les tensions sociales pour affaiblir les démocraties latino-américaines », explique Maria Gonzalez, chercheuse au Centre d'études stratégiques de Washington, citée dans l'enquête.

Réactions des gouvernements

Plusieurs pays latino-américains ont renforcé leurs mesures de contre-espionnage. Le Chili a expulsé deux diplomates russes en 2023 pour ingérence. Le Pérou a mis en place une cellule spéciale de surveillance des activités russes. L'Argentine a dénoncé « une menace à la souveraineté nationale ».

Le Kremlin, interrogé, nie toute activité illégale et affirme que ses missions diplomatiques respectent le droit international. Toutefois, des documents internes des services russes, obtenus par l'enquête, détaillent des instructions pour « étendre l'influence russe en contournant les autorités locales ».

Un enjeu géopolitique majeur

L'Amérique latine est devenue un théâtre clé de la rivalité entre la Russie et les États-Unis. Moscou cherche à contrer l'influence américaine, à sécuriser des approvisionnements en ressources stratégiques et à créer des alliances dans les instances internationales. Selon l'enquête, la Russie a dépensé plus de 500 millions de dollars depuis 2010 pour ses opérations clandestines dans la région.

Ces révélations soulèvent des questions sur la capacité des démocraties latino-américaines à faire face à cette infiltration. Des voix s'élèvent pour demander une coordination régionale accrue et un partage d'informations entre services de renseignement.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale