Violences sexuelles en prisons israéliennes : d'anciens détenus palestiniens témoignent
Violences sexuelles en prisons israéliennes : des détenus palestiniens témoignent

Un rapport publié par l'organisation israélienne de défense des droits humains B'Tselem révèle des témoignages accablants d'anciens détenus palestiniens, qui dénoncent des violences sexuelles et des humiliations systématiques dans les prisons israéliennes. Selon le document, ces pratiques seraient courantes et viseraient à briser la résistance des prisonniers.

Des témoignages glaçants

Le rapport de B'Tselem, intitulé "La torture comme politique", s'appuie sur les récits de 17 anciens détenus palestiniens, qui décrivent des actes de violence sexuelle, des fouilles à nu humiliantes et des menaces de viol. L'un d'eux, Ahmad, 32 ans, raconte : "Ils m'ont déshabillé, m'ont attaché à une chaise et ont introduit un objet dans mon anus. Je criais, mais personne ne venait."

Un autre témoin, Mohammed, 25 ans, affirme avoir été contraint de se déshabiller devant des gardiennes israéliennes, qui prenaient des photos et le menaçaient de les diffuser. "Elles riaient de moi, disaient que j'étais un homme fini", déclare-t-il.

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Des pratiques systématiques

B'Tselem souligne que ces violences ne sont pas des actes isolés, mais s'inscrivent dans une politique délibérée de l'administration pénitentiaire israélienne. L'organisation rapporte que des milliers de Palestiniens, dont des mineurs et des femmes, sont détenus chaque année dans les prisons israéliennes, souvent sans inculpation ni procès.

Selon les chiffres de B'Tselem, environ 4 500 Palestiniens sont actuellement incarcérés en Israël, dont 170 mineurs. Le rapport indique que les violences sexuelles sont utilisées comme un outil de pression pour obtenir des aveux ou des informations.

Des réactions indignées

Les révélations de B'Tselem ont suscité de vives réactions. L'Autorité palestinienne a condamné ces "pratiques barbares" et appelé la communauté internationale à intervenir. De son côté, l'administration pénitentiaire israélienne a rejeté les accusations, les qualifiant de "mensonges et de propagande".

Le ministère israélien de la Justice a annoncé l'ouverture d'une enquête, mais les organisations de défense des droits humains doutent de son impartialité. "Israël doit permettre une enquête indépendante et transparente", a déclaré un porte-parole de B'Tselem.

Un contexte de tensions

Ces révélations interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre Israël et les Palestiniens. Depuis le début de l'année, plus de 100 Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne, selon le ministère de la Santé palestinien. Les violences dans les prisons israéliennes sont régulièrement dénoncées par les organisations de défense des droits humains, mais rarement documentées avec autant de détails.

Le rapport de B'Tselem appelle à la fin de la détention administrative, qui permet l'incarcération sans procès, et à la mise en place de mécanismes de contrôle indépendants dans les prisons israéliennes.

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