L'Union européenne adopte une approche incitative
L'Union européenne ne légiférera pas directement pour interdire les thérapies de conversion des personnes LGBT, mais elle va intensifier ses efforts pour pousser les États membres à le faire. Cette décision, annoncée par la Commission européenne, reflète une stratégie pragmatique face à des pratiques largement condamnées par les organisations de défense des droits humains.
Les thérapies de conversion, qui visent à modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne, sont considérées comme nocives et inefficaces par l'Organisation mondiale de la santé. Pourtant, elles restent légales dans plusieurs pays de l'UE, malgré des appels répétés à les interdire.
Une pression accrue sur les États membres
La Commission prévoit de publier des recommandations et de fournir un soutien technique aux États qui souhaitent légiférer. Elle entend également financer des campagnes de sensibilisation et des programmes de formation pour les professionnels de santé. Bruxelles mise sur une approche douce, estimant qu'une interdiction directe pourrait être contestée sur le plan juridique ou politique.
Cette position a été critiquée par des associations LGBT, qui y voient un manque d'ambition. 'Nous avons besoin d'une interdiction claire et contraignante, pas de simples incitations', a déclaré un porte-parole de l'ILGA-Europe. 'Chaque année, des milliers de personnes subissent ces pratiques traumatisantes.'
Un paysage législatif hétérogène
Actuellement, seuls quelques États membres, comme Malte, l'Allemagne et la France, ont interdit les thérapies de conversion. D'autres, comme la Pologne et la Hongrie, sont réticents, invoquant des raisons culturelles ou religieuses. Cette diversité complique toute initiative législative au niveau européen.
La Commission espère que son approche incitative permettra de surmonter ces blocages. Elle prévoit de lancer une consultation publique et de publier un rapport d'ici la fin de l'année pour évaluer les progrès.
En attendant, les militants continuent de se mobiliser. Des manifestations sont prévues dans plusieurs capitales européennes pour exiger une action plus ferme. L'UE, de son côté, insiste sur la nécessité de respecter les compétences nationales tout en promouvant les valeurs européennes.



