Sérophobie : deux militants reçus par Aurore Bergé après leur grève de la faim
Sérophobie : deux militants reçus par Aurore Bergé

Après dix jours de grève de la faim, deux militants vivant avec le VIH, dont l'influenceur niçois Nicolas Aragona, ont été officiellement reçus ce mercredi 2 septembre 2026 à Paris par Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations. La rencontre, qui a duré deux heures et demie, s'est conclue par la promesse d'une nouvelle réunion dans un mois pour faire évoluer la loi.

Une rencontre jugée positive après dix jours de grève

« Nous sommes plutôt contents, la rencontre a duré 2 heures et demie », ont déclaré les militants Nicolas Aragona, alias Supersero, créateur niçois de contenus sur les réseaux, et le Rémois Christophe Paco. Les deux hommes, qui vivent avec le VIH, le virus de l'immunodéficience humaine, ont été reçus officiellement à Paris par Aurore Bergé. Leur combat : alerter sur l'isolement et les menaces répétées que subissent les personnes séropositives en France, et initier la modification du cadre législatif pour mieux les protéger. En clair, ils réclament la création d'un arsenal juridique pénalisant très clairement la « sérophobie ».

Pour se faire entendre, les deux militants menaient une grève de la faim entamée le 24 août 2026 devant le tribunal de Reims. « Nous l'arrêtons aujourd'hui », disent-ils. Pour continuer à avoir de la visibilité, ils ont installé des tentes devant l'Hôtel de Ville de Paris, où ils prévoient de rester jusqu'à dimanche. Samedi, ils espèrent une forte mobilisation pour leur manifestation à 18 heures.

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Un arsenal juridique et une loi d'urgence demandés

Pendant deux heures et demie au ministère, les échanges ont été jugés intéressants par les militants. « Je suis content d'avoir entendu la ministre, des politiques prononcer les mots de sérophobie, de discrimination. Ils avaient tous l'air d'avoir pleinement conscience de cette réalité », a souligné Nicolas Aragona. Autour de la table, outre Aurore Bergé, étaient présents des représentants de la Dilcrah (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT+), du Défenseur des droits, des associations Aides, Stop Homophobie, Sidaction, et du centre LGBT de Lyon.

« On nous a proposé de constituer une équipe pour plancher sur un amendement, un texte, pour voir comment faire évoluer la loi », a précisé le Niçois. Une nouvelle réunion est prévue dans un mois. C'est leur seule crainte : « Un mois c'est dans longtemps, on a peur que notre combat ne soit plus dans la lumière, ce que l'on voudrait c'est une loi d'urgence », a plaidé l'influenceur azuréen. Il a également affirmé : « En 6 ans, à Nice, je n'ai jamais été entendu ou considéré par les élus ».

Des plaintes sans suite et un appel aux mentalités

« Nous sommes deux citoyens, nous avons été harcelés, menacés parce que séropositifs », a insisté Christophe Paco. « J'ai déposé 5 plaintes, elles n'ont jamais rien donné », a-t-il précisé. « Le Sida est un sujet oublié depuis 42 ans. C'était la peste moderne, mais la maladie a évolué, les mentalités doivent évoluer aussi. Il faut libérer la parole et mieux nous protéger », a lancé le militant.

Nicolas Aragona et Christophe Paco resteront dans les tentes installées devant l'Hôtel de Ville de Paris jusqu'à dimanche, en attendant la manifestation de samedi à 18 heures et la prochaine réunion ministérielle prévue dans un mois.

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