Dans sa chronique diffusée sur France Inter, l'humoriste Sophia Aram a vivement critiqué ce qu'elle qualifie d'« aveuglement collectif » face à la montée de l'antisémitisme en France. Selon elle, les responsables politiques et les médias ferment les yeux sur une réalité pourtant alarmante, préférant éviter le sujet par crainte de controverses.
Un constat alarmant sur l'antisémitisme
Sophia Aram a rappelé que les actes antisémites ont augmenté de 74 % en France en 2023, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. Elle a souligné que cette hausse n'est pas un phénomène isolé, mais s'inscrit dans une tendance de fond. « On ne peut plus dire qu'on ne savait pas », a-t-elle déclaré, ajoutant que « l'indifférence est une forme de complicité ».
Elle a également évoqué des incidents précis, comme les tags antisémites sur des synagogues ou les agressions verbales et physiques contre des personnes juives. Pour elle, ces faits sont minimisés ou ignorés par les médias, qui préfèrent se concentrer sur d'autres sujets.
Une critique acerbe des politiques et des médias
L'humoriste a accusé une partie de la classe politique de « lâcheté » et de « calculs électoraux », estimant que certains partis instrumentalisent la lutte contre l'antisémitisme à des fins de communication. « On voit des discours, mais très peu d'actes concrets », a-t-elle affirmé, citant le manque de moyens alloués à la protection des lieux de culte ou à l'éducation contre la haine.
Elle a aussi pointé du doigt le rôle des réseaux sociaux, où « la haine antisémite circule librement, sans modération efficace ». Selon elle, les plateformes comme X (anciennement Twitter) ou TikTok ne font pas assez pour supprimer les contenus haineux, ce qui contribue à banaliser l'antisémitisme auprès des jeunes générations.
Un appel à la responsabilité collective
Sophia Aram a conclu sa chronique par un appel à la responsabilité de chacun. « Il ne s'agit pas d'être de gauche ou de droite, il s'agit d'être humain », a-t-elle lancé, insistant sur la nécessité d'une prise de conscience collective. Elle a rappelé que l'antisémitisme n'est pas une opinion, mais un délit, et que la société française doit agir sans attendre.
Cette chronique intervient dans un contexte de tensions accrues au Proche-Orient, qui, selon elle, ne doivent pas servir de prétexte pour justifier des actes antisémites en France. « La critique d'Israël n'est pas un passe-droit pour haïr les juifs », a-t-elle martelé, appelant à une distinction claire entre opinion politique et haine raciale.



