Socfin, l'un des plus grands producteurs mondiaux d'huile de palme, se retrouve au cœur d'une polémique après une enquête de Libération qui révèle l'échec de sa stratégie de greenwashing. L'entreprise, basée au Luxembourg, est accusée de poursuivre des pratiques de déforestation et de violations des droits humains, malgré ses engagements en faveur du développement durable.
Des promesses non tenues
Selon l'enquête, Socfin a multiplié les certifications et les partenariats avec des ONG pour améliorer son image, mais les résultats sur le terrain restent désastreux. Entre 2015 et 2020, l'entreprise aurait défriché plus de 10 000 hectares de forêt tropicale au Cameroun et au Liberia, selon des données satellitaires. Ces chiffres contredisent les affirmations de Socfin qui se targuait d'une politique de "zéro déforestation".
Des accusations de violations des droits humains
L'enquête met également en lumière des cas d'expulsion forcée de communautés locales et de mauvaises conditions de travail dans les plantations. "Les promesses de Socfin en matière de responsabilité sociale sont un écran de fumée", dénonce un porte-parole de l'ONG Greenpeace. "Nous avons documenté des cas où des familles ont été déplacées sans compensation adéquate."
Une stratégie de communication opaque
Socfin a investi des millions d'euros dans des campagnes de communication vantant son engagement pour l'environnement. Pourtant, l'entreprise refuse de publier des données précises sur ses émissions de carbone et l'impact de ses activités sur la biodiversité. "Le greenwashing de Socfin est un exemple typique de la façon dont les grandes entreprises utilisent des labels et des certifications pour masquer des pratiques destructrices", explique un expert en développement durable interrogé par Libération.
Des conséquences juridiques possibles
Face à ces révélations, plusieurs associations environnementales envisagent des poursuites judiciaires. En France, une plainte pourrait être déposée pour "pratiques commerciales trompeuses" si les allégations de l'enquête se confirment. Socfin, de son côté, a démenti les accusations, affirmant que ses opérations respectent les normes les plus strictes.
Un secteur sous pression
L'industrie de l'huile de palme est de plus en plus critiquée pour son rôle dans la déforestation et le changement climatique. L'Union européenne a récemment adopté une législation visant à interdire l'importation de produits liés à la déforestation. Cette affaire pourrait accélérer la pression sur les entreprises du secteur pour qu'elles adoptent des pratiques réellement durables.



