Secte Misa à Nice : le temple azuréen du gourou Bivolaru
Secte Misa à Nice : le temple azuréen du gourou Bivolaru

Les enquêteurs de l'office central de répression des violences aux personnes (OCRVP) ont perquisitionné en novembre 2023 une villa sur les hauteurs de Nice, la Casa del Sol, sur la route reliant Berre-les-Alpes à L'Escarenne. Ce lieu était l'un des maillons essentiels de la secte Misa, dirigée par le gourou roumain Gregorian Bivolaru, arrêté en France le même mois. Dans cette demeure cossue résidait Sorin Turc, violoniste à l'orchestre philharmonique de Monaco et bras droit présumé du gourou dans l'Hexagone. Les policiers y ont découvert des preuves susceptibles d'étayer les accusations de « traite d'êtres humains » portées contre Bivolaru, notamment des photos de femmes dénudées et numérotées, qui servaient manifestement au « maître » yoga à sélectionner ses victimes.

Un mode opératoire rodé pour attirer les adeptes

Des adeptes issus des cinq continents étaient attirés en France sous prétexte de stages tantriques. Toutes les victimes décrivent le même mode opératoire : elles étaient récupérées à l'aéroport par les chauffeurs de la secte, qui leur demandaient d'enfiler un bob ou un chapeau pour se dissimuler et de porter des lunettes occultantes pour ne pas repérer les lieux où elles étaient conduites. Elles étaient ensuite emmenées dans des pavillons de banlieue où elles étaient conditionnées durant plusieurs jours avant d'être littéralement offertes au gourou. L'initiation se concluait par des rapports sexuels, et plusieurs victimes ont fini par déposer plainte pour viol.

Une entreprise lucrative du sexe

La secte Misa, démantelée à la suite de cette opération, était une véritable entreprise du sexe. Gregorian Bivolaru détenait des salons de massage érotiques et même sa propre chaîne pornographique. Les perquisitions ont permis de saisir, chez Sorin Turc, 66 410 euros en espèces, trois lingots d'argent et 56 feuilles d'or. Les investigations ont également établi que le violoniste azuréen effectuait très régulièrement des dépôts de cash sur ses comptes, de l'ordre de 2 000 euros tous les mois, qu'il aurait justifiés par des remboursements de ses associés.

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Une notice rouge d'Interpol contournée

Gregorian Bivolaru, sous le coup d'une notice rouge d'Interpol, avait réussi à passer sous les radars pendant des années. Son arrestation en France en novembre 2023 a été le résultat d'un coup de filet coordonné par l'OCRVP, qui a également perquisitionné ses différents « temples » implantés en région parisienne. Cette affaire met en lumière les méthodes de recrutement et de contrôle des victimes par cette secte, qui opérait à l'échelle internationale.

Des preuves accablantes

Les photos de femmes dénudées et numérotées découvertes à la Casa del Sol constituent des preuves clés dans l'enquête. Elles démontrent que Bivolaru sélectionnait ses victimes de manière systématique, les traitant comme du bétail. Les victimes, venues du monde entier, étaient attirées par la promesse de stages tantriques, mais se retrouvaient piégées dans un système de violences sexuelles et d'exploitation.

Un impact durable sur les victimes

Cette affaire a des répercussions importantes sur les victimes, qui témoignent de traumatismes profonds. Les associations de lutte contre les dérives sectaires, comme la MIVILUDES, soulignent l'importance de ces démantèlements pour protéger les personnes vulnérables. Le procès de Gregorian Bivolaru, qui doit se tenir prochainement, sera suivi de près par les victimes et les associations.

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