Pour la première fois, l'Assemblée nationale a accueilli un colloque consacré aux objets volants non identifiés (OVNIs), désormais appelés phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN). Organisé par le député Modem Jean-Louis Bourlanges, cet événement inédit a rassemblé scientifiques, militaires et parlementaires le 29 juin 2023. L'objectif affiché : briser le tabou autour de ces phénomènes et encourager une approche scientifique et transparente.
Un colloque pour faire parler la science
Le colloque intitulé « Phénomènes aérospatiaux non identifiés (PAN) : un enjeu scientifique et de sécurité » a permis de présenter les travaux du GEIPAN (Groupe d'études et d'informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés), unité du CNES qui recense et analyse les signalements. Selon le directeur du GEIPAN, Jean-Michel Rivière, « sur 1 600 cas étudiés, environ 30 % restent inexpliqués après enquête ». Il a souligné l'importance de la rigueur scientifique pour éviter les dérives.
Des témoignages de pilotes et de militaires
Plusieurs témoins ont partagé leurs expériences, dont un ancien pilote de chasse de l'Armée de l'air, le général (à la retraite) Dominique J. Il a raconté une rencontre en vol en 1994 : « J'ai vu un objet de forme sphérique, de couleur métallique, qui effectuait des manœuvres impossibles pour un avion conventionnel. Il a disparu en quelques secondes. » Ces récits ont été corroborés par des données radar et des enregistrements de vol.
Un enjeu de sécurité nationale
Le colloque a également abordé les implications sécuritaires. Le général Jean-Pierre M., ancien commandant de la défense aérienne, a déclaré : « Si ces objets ne sont pas hostiles, ils représentent une menace potentielle pour la sécurité de nos installations militaires et de nos vols civils. Il est essentiel de les identifier. » La France dispose d'une cellule dédiée au sein de l'Armée de l'air, mais les moyens restent limités.
Vers une meilleure coordination internationale
Les participants ont appelé à une coopération internationale renforcée. Le député Bourlanges a annoncé la création d'un groupe de travail parlementaire sur les PAN, qui « travaillera en lien avec le CNES et les autorités militaires pour améliorer la collecte et l'analyse des données ». Il a également évoqué la nécessité de lever le secret-défense sur certains cas anciens.
Une approche scientifique et rationnelle
Le colloque a insisté sur la nécessité d'une démarche scientifique. L'astrophysicienne Françoise Combes, membre de l'Académie des sciences, a rappelé : « Nous devons étudier ces phénomènes sans a priori, mais avec la rigueur qui caractérise la science. Il ne s'agit pas de croire ou de ne pas croire, mais d'observer et d'analyser. » Elle a suggéré d'utiliser des réseaux de capteurs et des satellites pour mieux documenter les apparitions.
Des avancées législatives en vue ?
Plusieurs élus ont proposé des mesures concrètes. La députée LREM Valérie P. a suggéré un amendement à la loi de programmation militaire pour « doter le GEIPAN de moyens supplémentaires et lui permettre d'accéder à toutes les données des radars civils et militaires ». Le sénateur LR Jean-Pierre B. a plaidé pour « une mission d'information sur le sujet, afin d'établir un rapport public qui servira de base à une future loi ».
Un changement de paradigme
Ce colloque marque un tournant dans la manière dont la France aborde le phénomène OVNI. Longtemps relégué aux marges, il est désormais pris au sérieux par les institutions. Comme l'a résumé le député Bourlanges en clôture : « Nous sommes là pour faire parler la science, pas pour alimenter les fantasmes. L'objectif est de comprendre ce qui se passe dans notre ciel, pour la sécurité de nos concitoyens et pour l'avancée de la connaissance. »



