Wakeboard à Baillargues : les travaux débutent enfin après 20 ans d'attente
Wakeboard à Baillargues : les travaux débutent après 20 ans

Après vingt ans d'attente et de multiples rebondissements, le projet de parc dédié au wakeboard sur le lac de Baillargues, près de Montpellier, entre enfin dans sa phase concrète. Les téléskis nautiques ont fait leur apparition sur les berges, préfigurant l'arrivée de ce sport de glisse. L'exploitant sera choisi ultérieurement.

Des travaux enfin lancés

Les travaux ont débuté en janvier 2026 sur le site de 12 hectares. « Les entreprises ont démarré l'installation des fondations pour les mats de l'équipement, informe la Métropole. L'installation des pylônes et de l'ensemble des structures de téléskis et de wakeboard est en cours. » Deux circuits de wakeboard bi-poulies (100 m et 135 m) et un circuit full size (450 m) seront réalisés sur le bassin principal au cours du premier semestre 2026. Ces installations permettront d'accueillir aussi bien des débutants que des pratiquants de haut niveau.

La collectivité prévoit également des aménagements complémentaires : mobiliers urbains, pistes, signalétique. Une procédure de sélection sera lancée pour choisir l'opérateur qui exploitera l'équipement sportif ainsi qu'un espace de restauration de type food-trucks. La date prévisionnelle de sélection de l'exploitant est fixée au dernier trimestre 2026. L'ouverture du parc est prévue pour le printemps 2027.

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Un projet longtemps retardé

Le projet a connu de nombreux obstacles. Lancé il y a vingt ans par la ville de Baillargues, il a été transféré à la Métropole il y a dix ans. Des recours en justice de riverains ont retardé le projet pendant huit ans. Une erreur stratégique a été la réalisation d'une presqu'île, alors qu'une île aurait été plus efficace pour limiter la formation de vaguelettes, ennemies des pratiquants. De plus, la presqu'île rend impossible le tour complet du bassin.

La Métropole a également choisi la délégation de service public (DSP) pour exploiter le site, mais les deux tentatives (2021 et 2023) ont échoué. La DSP s'avérait trop lourde pour l'exploitant, qui devait gérer les téléskis, les compétitions, l'accueil du public, les commerces, les espaces verts, les parkings… Une seule offre est arrivée, non conforme.

Un retour à l'investissement public

Pour Jean-Marc Godet, père d'Aurélie Godet, championne montpelliéraine de wakeboard câble, « le retour à l'investissement public du parc oblige à revenir à la promesse initiale ». Il estime que le projet redevient un équipement public structurant. La Fédération française de ski nautique et de wakeboard (FFSNW) a un rôle à jouer pour garantir la cohérence sportive. Le projet a été doté de 400 000 €.

« En France, le wakeboard câble repose sur des structures privées de loisirs, souvent non fédérées, non affiliées ou non certifiées. Ne pas maîtriser les centres de pratique est une difficulté majeure pour la Fédération », explique Jean-Marc Godet. Baillargues, en tant qu'équipement public, peut être conventionné, encadré, évalué, et permettre à la Fédération de construire un vrai projet autour du wakeboard câble.

Une gestion mixte et un coût élevé

Pour sortir de l'impasse, la collectivité a revu sa copie en 2024, s'orientant vers une gestion mixte public-privé. Début 2025, un nouvel appel d'offres a été remporté par le groupement GTM / ETC pour un montant de 948 000 €. Le coût total du site a bondi autour de 20 millions d'euros, dont la moitié pour un bassin de rétention d'eau destiné à protéger les lotissements des crues décennales.

Le parc Gérard Bruyère joue un rôle essentiel dans la gestion du risque inondation. Il comprend trois ouvrages : le ruisseau du Las Fonds, un bassin secondaire qui s'active dès les premières crues, et un bassin principal qui s'active par débordement. Des travaux d'amélioration hydraulique ont été réalisés en aval. « Les derniers épisodes pluvieux ont encore démontré l'efficacité de cet équipement », précise la Métropole.

Certains élus, comme Catherine Ribot, dénoncent « un non-sens économique, touristique et écologique ». Mais la Métropole estime que le projet est « bénéfique à l'attractivité du territoire ».

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