Un rapport publié le 24 juin 2026 par plusieurs organisations non gouvernementales dénonce l'absence de prise en compte des besoins spécifiques des femmes et des personnes LGBT dans les politiques migratoires européennes. Selon ce document, ces groupes sont confrontés à des violences accrues et à un accès limité aux droits fondamentaux tout au long de leur parcours migratoire.
Des lacunes systématiques dans les dispositifs d'accueil
Le rapport, intitulé « Genre et orientation sexuelle dans les politiques migratoires de l'UE », est le fruit d'une enquête menée pendant deux ans dans six États membres, dont la France, l'Italie et la Grèce. Il révèle que moins de 10 % des centres d'accueil disposent d'espaces sécurisés dédiés aux femmes seules ou aux personnes LGBT. « Dans la plupart des hotspots, les femmes sont hébergées dans des dortoirs mixtes, ce qui les expose à des risques élevés d'agressions sexuelles », explique Maria Gonzalez, coordinatrice de l'étude pour l'ONG Migrations & Droits.
Les personnes LGBT, quant à elles, subissent fréquemment des discriminations de la part du personnel des centres et des autres migrants. « J'ai été insultée et menacée par des agents de sécurité grecs parce que je portais un drapeau arc-en-ciel », témoigne Amina, une réfugiée syrienne de 24 ans, dont le témoignage est cité dans le rapport. Selon les données collectées, 68 % des personnes LGBT interrogées déclarent avoir subi des violences verbales ou physiques dans les centres d'accueil.
Un accès entravé aux procédures d'asile
Le rapport pointe également des obstacles spécifiques dans les procédures d'asile. Les femmes victimes de violences basées sur le genre peinent à obtenir une protection, faute de formations adaptées des agents. « Les entretiens sont souvent menés sans interprète féminin ni confidentialité, ce qui dissuade les victimes de révéler les persécutions subies », souligne le document. En 2025, seulement 12 % des demandes d'asile pour motif de persécution liée au genre ont été acceptées dans l'UE, contre 28 % pour les motifs politiques.
Les personnes LGBT rencontrent des difficultés similaires. « Dans plusieurs pays, les agents exigent des preuves documentaires de l'orientation sexuelle, ce qui est absurde et humiliant », dénonce le rapport. En Hongrie et en Pologne, les demandeurs d'asile LGBT sont systématiquement orientés vers des procédures accélérées, ce qui réduit leurs chances d'obtenir une protection.
Des recommandations pour une réforme urgente
Face à ces constats, les ONG formulent 15 recommandations. Elles préconisent notamment la création de centres d'accueil non mixtes et la formation obligatoire de tous les agents aux droits des femmes et des personnes LGBT. « L'UE doit intégrer une perspective de genre et d'orientation sexuelle dans tous ses instruments migratoires, du règlement Dublin aux accords de réadmission », insiste le rapport.
La Commission européenne, interrogée, a indiqué « prendre note du rapport » et rappelé que « la stratégie 2025-2030 sur les migrations inclut déjà des mesures pour les groupes vulnérables ». Toutefois, les ONG jugent ces mesures insuffisantes. « Sans un changement radical, des milliers de femmes et de personnes LGBT continueront à être laissées pour compte aux portes de l'Europe », conclut Maria Gonzalez.



