Narges Mohammadi condamnée à 7,5 ans de prison : la France dénonce la répression iranienne
Narges Mohammadi condamnée à 7,5 ans de prison, Paris dénonce

La militante iranienne Narges Mohammadi condamnée à sept ans et demi de prison

Le ministère des affaires étrangères français a vivement déploré, ce lundi 9 février, la décision des autorités iraniennes de condamner la lauréate du prix Nobel de la paix 2023, Narges Mohammadi, à un total de sept ans et demi de prison. Paris a qualifié cette mesure de « choix de la répression et de l'intimidation », appelant à la libération de cette inlassable défenseuse des droits humains, âgée de 53 ans.

Les détails des condamnations

Un tribunal iranien a prononcé deux condamnations distinctes contre Narges Mohammadi. Son avocat, Mostafa Nili, a confirmé à l'Agence France-Presse (AFP) qu'elle a été condamnée à six ans de prison pour « rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes ». Dans une autre affaire, elle a écopé d'un an et demi de prison pour « activités de propagande », ainsi que de deux ans d'exil dans la ville de Khosf, située dans la province orientale du Khorassan du Sud.

Une santé préoccupante après une grève de la faim

La fondation de Narges Mohammadi a alerté sur l'état de santé alarmant de la militante, qui avait entamé une grève de la faim le 2 février pour protester contre ses conditions de détention et l'interdiction de communiquer avec ses avocats et sa famille. Elle a mis fin à son jeûne dimanche 8 février, au sixième jour, alors que son état physique est décrit comme profondément inquiétant.

Narges Mohammadi avait été arrêtée le 12 décembre dans la ville de Machhad, dans le nord-est de l'Iran, avec d'autres militants, après avoir pris la parole lors d'une cérémonie en hommage à un avocat retrouvé mort. Cette arrestation est intervenue quelques semaines avant le déclenchement du mouvement de contestation populaire, réprimé dans le sang par les autorités iraniennes.

Un engagement de longue date pour les droits humains

Au cours des vingt-cinq dernières années, Narges Mohammadi a été à plusieurs reprises jugée et emprisonnée pour son engagement en faveur des droits humains en Iran. Ses combats incluent :

  • La lutte contre la peine de mort
  • L'opposition au code vestimentaire strict imposé aux femmes
  • La défense des libertés fondamentales

Elle a passé une grande partie de la dernière décennie derrière les barreaux et n'a pas vu ses deux enfants, qui vivent à Paris, depuis 2015. En décembre 2024, elle avait été libérée pendant trois semaines pour raisons médicales, liées à l'ablation d'une tumeur et à une greffe osseuse, selon son avocat.

La condamnation de Narges Mohammadi survient dans un contexte de tensions persistantes entre l'Iran et la communauté internationale sur la question des droits humains. La France réitère son appel à la libération immédiate de cette figure emblématique de la résistance pacifique.