Nada, 23 ans, a grandi au Maroc dans un environnement où la sexualité était taboue et la virginité avant le mariage une valeur sacrée. Aujourd'hui, elle témoigne de son parcours pour se libérer de cette pression familiale et culturelle. À 20 ans, elle a décidé de rejeter cette injonction, un choix qui l'a aidée à se réconcilier avec son corps et ses désirs.
Un héritage culturel et religieux pesant
Nada raconte que, même si sa famille était ouverte d'esprit, certains sujets restaient interdits à la maison, notamment la sexualité. À l'école, les cours d'éducation islamique enseignaient les principes de l'islam, dont l'interdiction des relations sexuelles avant le mariage. Sa mère lui avait également dit que personne ne devait la toucher avant le mariage. Ainsi, elle a intégré très tôt que la virginité était une valeur primordiale.
À l'adolescence, la curiosité a pris le dessus. Malgré les avertissements des mères du quartier, qui interdisaient de traîner avec les garçons, Nada a commencé à s'intéresser à la sexualité. « Plus une chose est interdite, plus elle nous attire », confie-t-elle. Elle aimait plaire et a commencé à explorer sa sexualité, mais avec une limite stricte : elle s'autorisait tout, sauf la pénétration, pour préserver sa virginité.
La pression et la culpabilité
Cette situation a généré une pression constante. Nada se sentait coupable de ses désirs et de ses actes, tout en ressentant une attirance irrépressible pour ce qui était interdit. Elle explique : « Je subissais tellement de pression que je ne comprenais pas pourquoi je faisais les choses, ou pourquoi je ne devais pas les faire. » Cette confusion a duré plusieurs années, marquée par des allers-retours entre l'envie de se libérer et la peur de décevoir sa famille.
À 20 ans, un déclic s'est produit. Lassée de culpabiliser, elle a décidé de rejeter cette injonction. Pour elle, il s'agissait d'un acte de libération personnelle, une manière de reprendre le contrôle de son corps et de sa vie. Elle a choisi de vivre sa sexualité selon ses propres termes, sans se soucier des regards ou des jugements.
Un témoignage pour briser le tabou
Arrivée en France il y a trois ans pour ses études, Nada a trouvé un espace de liberté qui lui a permis de réfléchir à son parcours. Aujourd'hui, elle souhaite partager son histoire pour aider d'autres jeunes femmes qui vivent la même pression. Elle insiste sur l'importance de parler de sexualité sans tabou et de se réapproprier son corps.
Ce témoignage s'inscrit dans une série d'épisodes consacrés aux injonctions familiales et sociales autour de la sexualité. Il met en lumière les défis auxquels sont confrontées de nombreuses femmes issues de cultures où la virginité est sacralisée, et la nécessité de déconstruire ces normes pour permettre à chacun de vivre librement.



