Le journaliste marocain Ali Lmrabet a été interpellé lundi 13 juillet à son domicile de Rabat par les forces de l'ordre, a annoncé le parquet général. Il est accusé de « diffusion de fausses informations » et de « trouble à l'ordre public », des chefs passibles de cinq ans d'emprisonnement. L'arrestation intervient après la publication d'un article sur son site d'information, Demain Online, critiquant la gestion gouvernementale de la pénurie d'eau.
Une arrestation qui inquiète les défenseurs des droits
Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé une « nouvelle attaque contre la liberté de la presse ». Selon l'organisation, Ali Lmrabet est un journaliste expérimenté, déjà condamné par le passé pour ses écrits. « C'est un signal très inquiétant pour la liberté d'expression au Maroc », a déclaré un porte-parole de RSF. L'avocat de Lmrabet, Me Abdelaziz Nouaydi, a confirmé que son client était entendu par la police judiciaire et qu'il n'avait pas encore été présenté au procureur.
Le contexte de la pénurie d'eau
L'article incriminé portait sur la gestion par le gouvernement de la sécheresse historique qui frappe le pays. Le Maroc connaît sa sixième année consécutive de sécheresse, avec des réserves d'eau en baisse de 30 % par rapport à la moyenne. Lmrabet y critiquait l'absence de mesures efficaces et mettait en cause des responsables. Le gouvernement a qualifié ces allégations de « mensonges » et de « tentative de déstabilisation ».
Le journaliste de 65 ans avait déjà été emprisonné en 2003 pour « outrage au roi » et avait été gracié en 2004. Il a également été condamné à une amende en 2020 pour des propos jugés offensants envers un ministre. Cette nouvelle arrestation relance le débat sur la liberté de la presse au Maroc, pays classé 129e sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse de RSF en 2025.



