Emmanuel Macron a mis en garde ce mardi contre les appels à restaurer la peine de mort, lors d'un discours à l'occasion de la Journée internationale contre la peine de mort. « Rien n'est acquis », a-t-il déclaré, appelant à la vigilance face à une « banalisation » de cette pratique dans certains pays.
Un discours ferme sur l'abolition
Le président français a rappelé que la France est un pays abolitionniste depuis 1981, avec l'abolition votée sous François Mitterrand. Il a souligné que la peine de mort est une « violation des droits humains fondamentaux » et qu'elle ne constitue pas une réponse efficace à la criminalité. Selon lui, les appels à son rétablissement, qui émergent dans plusieurs pays, y compris en Europe, sont « dangereux ».
Macron a également évoqué les statistiques mondiales : en 2025, au moins 1 200 exécutions ont été recensées dans le monde, principalement en Chine, en Iran, en Arabie saoudite et en Irak. Il a déploré que certains pays, comme les États-Unis, continuent d'appliquer la peine capitale, bien que son usage y diminue.
Un appel à la mobilisation internationale
Le chef de l'État a appelé à une mobilisation internationale pour l'abolition universelle. Il a annoncé que la France organisera une conférence internationale sur le sujet en 2027, en partenariat avec d'autres pays abolitionnistes. « Nous devons convaincre, pays par pays, que la peine de mort est une pratique archaïque », a-t-il insisté.
Il a également salué les progrès récents : le Kazakhstan a aboli la peine de mort en 2024, et la Sierra Leone a suivi en 2025. Cependant, il a noté que des reculs sont observés, comme en Afghanistan, où les talibans ont rétabli les exécutions publiques.
Réactions politiques en France
Les déclarations de Macron interviennent alors que certains hommes politiques français, notamment à l'extrême droite, ont récemment évoqué la possibilité de rétablir la peine de mort pour les crimes les plus graves. Le président a implicitement visé ces positions, sans les nommer. « Certains pensent que la violence appelle la violence, mais l'histoire nous montre que la justice ne se construit pas sur la vengeance », a-t-il affirmé.
Plusieurs associations abolitionnistes ont salué le discours, tout en appelant à des actes concrets. « Les paroles sont importantes, mais nous attendons des actions diplomatiques fortes pour faire reculer la peine de mort dans le monde », a déclaré un porte-parole d'Amnesty International France.
Un combat de longue haleine
Macron a conclu son discours en rappelant que le combat pour l'abolition est « un combat de civilisation ». Il a appelé les jeunes générations à s'engager pour cette cause. « La France doit être un phare pour les droits humains », a-t-il lancé.



