En Corée du Sud, une controverse politique secoue le pays après que des lycéens d'un établissement réputé de Séoul ont été accusés d'avoir tenu des propos minimisant le massacre de Gwangju, survenu en mai 1980. Cet événement, qui a vu des centaines de civils tués lors d'un soulèvement pro-démocratie réprimé par l'armée, reste une blessure nationale. Les élèves, issus du lycée de l'Université nationale de Séoul, auraient partagé sur un groupe de discussion en ligne des messages qualifiant le massacre de « simple incident » et remettant en cause le nombre de victimes.
Des propos qui suscitent l'indignation
Les messages, révélés par le journal local Hankyoreh, ont provoqué une vague d'indignation. Selon le rapport, les lycéens auraient écrit que « le massacre de Gwangju est exagéré » et que « les manifestants étaient des communistes ». Ces déclarations ont été jugées particulièrement choquantes car elles surviennent alors que la Corée du Sud commémore le 46e anniversaire du soulèvement. Le principal du lycée a présenté des excuses publiques, affirmant que l'établissement allait enquêter et prendre des mesures disciplinaires.
Réactions politiques et judiciaires
La polémique a rapidement pris une dimension politique. Des députés de l'opposition ont exigé des poursuites pénales contre les élèves, les accusant de « diffamation nationale » et de « négationnisme historique ». Un porte-parole du Parti démocrate a déclaré : « Ces propos sont une insulte à la mémoire des victimes et à la démocratie sud-coréenne. » De son côté, le ministère de l'Éducation a annoncé l'ouverture d'une enquête interne. Selon un sondage réalisé par Gallup Korea, 72 % des personnes interrogées estiment que les lycéens devraient être sanctionnés.
Un contexte de tensions historiques
Cet incident s'inscrit dans un climat de tensions autour de la mémoire du massacre de Gwangju. Le président conservateur actuel, Yoon Suk Yeol, a été critiqué pour ses déclarations jugées ambiguës sur le sujet. En janvier dernier, il avait qualifié le soulèvement de « mouvement de résistance légitime », mais certains lui reprochent de ne pas en condamner fermement la répression. Des associations de victimes ont appelé à une loi interdisant la négation du massacre, à l'instar de celle existant pour la Shoah en Allemagne.
Impact sur la société sud-coréenne
L'affaire a relancé le débat sur l'éducation historique en Corée du Sud. Des enseignants interrogés par Yonhap estiment que les manuels scolaires minimisent parfois l'ampleur du massacre, ce qui pourrait influencer les jeunes générations. « Il est urgent de renforcer l'enseignement de l'histoire récente », a déclaré un professeur d'histoire de l'Université de Corée. La controverse a également suscité des réactions sur les réseaux sociaux, où des internautes appellent au boycott du lycée concerné. Selon le ministère de l'Éducation, une révision des programmes d'histoire est en cours, mais aucune date n'a été annoncée.



