Libération immédiate du rappeur marocain El Mahdi Lyoubi exigée
Libération immédiate du rappeur marocain El Mahdi Lyoubi

Plus de 150 personnalités du monde de la culture et des droits de l'homme ont signé une tribune publiée dans Libération le 21 juillet 2026, exigeant la libération immédiate du cinéaste et rappeur marocain El Mahdi Lyoubi. Condamné à cinq ans de prison ferme en mars 2025 par un tribunal de Casablanca pour "atteinte à l'intégrité morale des personnes" et "outrage à agent public", il est incarcéré depuis lors.

Une condamnation pour des paroles de chansons

El Mahdi Lyoubi, connu sous le nom de scène "Lyoubi", a été arrêté en janvier 2025 après la publication de deux chansons jugées critiques envers le pouvoir. Les titres en question, "Daba" et "Machi Sahl", dénoncent selon ses soutiens la corruption et l'injustice sociale au Maroc. Le tribunal a estimé que les paroles portaient atteinte à la dignité des forces de l'ordre et incitaient à la haine.

Selon le collectif de signataires, "cette condamnation est une atteinte grave à la liberté d'expression et à la création artistique au Maroc". Ils rappellent que Lyoubi n'a jamais été condamné auparavant et que ses œuvres ne contiennent aucun appel à la violence. "Il est poursuivi pour ses idées, pour avoir osé dire ce que beaucoup pensent tout bas", affirme la tribune.

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Un précédent inquiétant pour la liberté d'expression

L'affaire Lyoubi s'inscrit dans un contexte de durcissement des libertés publiques au Maroc. Plusieurs artistes et journalistes ont été condamnés ces dernières années pour des propos critiques. En 2023, le rappeur Gnawi avait été emprisonné pour des chansons satiriques. Les signataires dénoncent une "dérive autoritaire" et appellent le roi Mohammed VI à gracier le rappeur.

Parmi les signataires figurent des écrivains comme Leïla Slimani, des cinéastes comme Nabil Ayouch, et des organisations comme Amnesty International et Reporters sans frontières. "Le Maroc ne peut pas prétendre à la modernité tout en emprisonnant ses artistes", écrivent-ils.

Une mobilisation internationale

La tribune a été relayée par plusieurs médias internationaux, dont The Guardian et Le Monde. Une pétition en ligne a recueilli plus de 50 000 signatures en 48 heures. L'ambassade du Maroc à Paris n'a pas encore réagi.

El Mahdi Lyoubi, âgé de 32 ans, est également réalisateur de courts métrages primés dans des festivals. Sa détention a suscité l'émoi dans le milieu culturel marocain. "C'est un talent prometteur, et on le réduit au silence", déplore le cinéaste franco-marocain Hicham Lasri, signataire de la tribune.

Les signataires demandent "la libération immédiate et sans condition" de Lyoubi, et appellent les autorités marocaines à respecter les engagements internationaux du pays en matière de droits de l'homme.

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