Chaque année, le 4 juin, une lueur vacille dans le noir numérique. À Hongkong, des internautes allument une bougie virtuelle pour commémorer le massacre de la place Tiananmen de 1989. Un geste simple, mais lourd de sens dans un contexte de répression croissante.
Un rituel qui s'adapte à la censure
Depuis l'imposition de la loi sur la sécurité nationale à Hongkong en 2020, les commémorations publiques sont devenues quasi impossibles. Les autorités interdisent tout rassemblement et les médias évitent le sujet. Pourtant, la mémoire persiste. Sur les réseaux sociaux, des utilisateurs postent l'image d'une bougie avec le hashtag #tiananmen ou #juin4. Certains utilisent des codes ou des images détournées pour contourner la censure.
« Poster une bougie, c’est ma façon de résister », confie un habitant de Hongkong sous couvert d’anonymat. « Nous ne pouvons pas manifester dans la rue, mais nous pouvons montrer que nous n’oublions pas. »
La répression s'intensifie
Les autorités de Hongkong ont renforcé la surveillance en ligne. Des dizaines de comptes sont supprimés chaque année pour « contenus illégaux ». La police peut poursuivre les internautes pour « sédition » ou « incitation à la haine ». Malgré cela, le nombre de publications augmente, signe que la détermination ne faiblit pas.
Cette année, plusieurs militants ont été arrêtés pour avoir organisé des veillées virtuelles. Les peines peuvent aller jusqu'à 10 ans de prison. Mais pour beaucoup, le risque en vaut la peine. « La vérité est plus forte que la peur », déclare un étudiant.
Un hommage qui dépasse Hongkong
La commémoration de Tiananmen ne se limite pas à Hongkong. Dans les diasporas chinoises à travers le monde, des rassemblements ont lieu, souvent sous haute surveillance. À Paris, Londres ou New York, des milliers de personnes se réunissent pour allumer des bougies et exiger justice.
Cependant, à Hongkong, l'hommage est devenu un acte de défi. « Chaque bougie est une étincelle », écrit un internaute. « Elles ne s'éteindront jamais. »
Le 4 juin 1989 reste une date gravée dans la mémoire collective, malgré les tentatives d'effacement. Et chaque année, la lumière des bougies virtuelles rappelle que le souvenir ne meurt pas.



