Le gouvernement groenlandais a officiellement demandé au Danemark la mise en place d'une commission de vérité et de réconciliation sur les stérilisations forcées de femmes inuites, une pratique documentée entre les années 1960 et 1970. Cette annonce, rapportée par le quotidien danois Politiken le 30 août 2026, constitue une étape majeure dans la reconnaissance d'un chapitre sombre de l'histoire coloniale danoise.
Une demande officielle adressée au Danemark
Selon les informations publiées par Politiken, le gouvernement groenlandais a transmis une lettre officielle au gouvernement danois, exigeant la création de cette commission. La demande intervient après des années de témoignages poignants de femmes inuites, qui ont révélé avoir été stérilisées sans leur consentement, souvent dans le cadre de programmes de contrôle des naissances mis en œuvre par les autorités danoises.
Le Groenland, territoire autonome du Royaume du Danemark, a connu une politique de stérilisation forcée qui a touché un nombre significatif de femmes. Les historiens estiment que ces pratiques ont été particulièrement répandues dans les années 1960 et 1970, une période où le Danemark cherchait à limiter la croissance démographique de sa colonie arctique.
Des témoignages accablants et des victimes toujours en attente
Plusieurs femmes groenlandaises ont publiquement raconté leur expérience, décrivant des interventions chirurgicales réalisées à leur insu, parfois après un accouchement. Ces témoignages ont conduit à des appels répétés à la justice et à la réparation, mais les gouvernements danois successifs ont longtemps hésité à reconnaître officiellement ces actes.
La demande de commission de vérité et de réconciliation s'inscrit dans un mouvement plus large de réévaluation des relations entre le Danemark et le Groenland. En 2024, le Danemark avait déjà présenté des excuses pour le traitement des enfants groenlandais envoyés au Danemark dans les années 1950, mais les stérilisations forcées n'avaient pas fait l'objet d'une reconnaissance officielle.
Quelles conséquences pour les relations bilatérales ?
La mise en place d'une telle commission pourrait avoir des répercussions importantes sur les relations entre Copenhague et Nuuk. Elle pourrait également ouvrir la voie à des indemnisations pour les victimes, qui réclament depuis longtemps une compensation financière et une reconnaissance officielle de leur préjudice.
Le gouvernement danois n'a pas encore répondu officiellement à cette demande, mais des sources proches des négociations indiquent que des discussions sont en cours. Une réponse est attendue dans les prochaines semaines, alors que le Groenland intensifie ses pressions pour obtenir justice.
Selon les données disponibles, plus de 4 500 femmes groenlandaises auraient été stérilisées entre 1960 et 1970, un chiffre qui représente une part considérable de la population féminine de l'île à l'époque. Cette statistique, citée par des chercheurs et relayée par Politiken, souligne l'ampleur du phénomène et la nécessité d'une reconnaissance officielle.
La commission de vérité et de réconciliation, si elle est créée, aurait pour mission d'enquêter sur ces pratiques, d'identifier les responsables et de formuler des recommandations pour la réparation des victimes. Elle s'inspirerait de modèles similaires mis en œuvre dans d'autres pays, comme le Canada et la Norvège, qui ont également connu des politiques de stérilisation forcée à l'encontre de populations autochtones.



