Alors que des millions d’enfants en France et des milliers en Lozère reprennent le chemin de l’école ce mardi 1er septembre 2026, certains optent pour l’instruction en famille (IEF). Aurore, mère lozérienne, pratique ce mode d’enseignement pour sa fille âgée de 17 ans, et ce depuis ses 11 ans. Elle qualifie cette expérience de « bonne alternative pour certains enfants ».
Une décision prise face au stress du collège
Jusqu’à ses onze ans, Léa (prénom modifié) a suivi une scolarité classique. C’est à l’entrée au collège que tout bascule. « Après un trimestre passé au collège, elle était très stressée, l’environnement et le fonctionnement scolaire classique ne lui correspondaient plus », raconte Aurore. Au départ, cette période d’école à la maison ne devait être que temporaire. « On s’est dit qu’on allait la garder un peu, le temps qu’elle aille mieux et qu’elle puisse y retourner. »
Finalement, l’adolescente n’a jamais remis les pieds au collège. « Elle n’a jamais émis ce souhait. Même s’il n’y avait pas eu d’événement particulier à l’école, pour elle, être à la maison a vraiment été une libération. »
Une réticence initiale surmontée
Aurore n’a pourtant pas toujours été convaincue par ce fonctionnement. Son fils aîné, lui, est allé à l’école jusqu’à la fin de son cursus. « Au départ, je n’étais pas du tout ouverte à l’idée, et plutôt même réticente, tout simplement parce que je n’avais pas cette culture. Mais quand ça vous tombe dessus, que votre enfant est en souffrance et que l’école n’est plus un lieu agréable, vous vous rendez à l’évidence », confie la maman. « On pèse le pour et le contre et on se dit : est-ce que ça ne vaut pas le coup d’essayer ? »
Même si « ça n’a pas toujours été évident de ne pas faire comme tout le monde », Léa a directement été enthousiaste à cette idée. Pendant cinq ans, Aurore s’est lancée dans l’aventure de l’IEF. D’abord sur simple déclaration, puis, depuis quelques années, grâce à une attestation d’autorisation officielle, désormais obligatoire pour pratiquer l’instruction en famille.
Une pédagogie adaptée à l’enfant
Chacun choisit ensuite la méthode qui lui convient. « L’instruction en famille dépend de chaque enfant ! Peu importe les moyens, c’est le résultat qui compte. Tous les ans, nous avons été évalués par quelqu’un de l’Éducation nationale et Léa devait valider les compétences du tronc commun de chaque cycle », explique Aurore. « On a choisi de s’éloigner au maximum des vraies notions scolaires. On se basait plutôt sur ce qu’elle aimait faire et on travaillait à partir de ça. »
Tout son quotidien a servi de support d’apprentissage à la jeune fille sans qu’elle ne s’en rende compte. « C’était plus ludique et surtout plus adapté à ses besoins. On est arrivés à la même finalité, mais grâce à des choses qui faisaient sens à ses yeux. »
Un choix de vie assumé
Devenir parent instructeur n’est pas anodin. Aurore a dû arrêter de travailler pour s’occuper de sa fille. « Ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir faire ce choix. Prendre le temps de créer un rythme d’apprentissage et une façon d’apprendre qui correspondent à son enfant, c’est une chance. » Un « choix de vie » qu’elle ne regrette pas. « Il y a tellement de possibilités aujourd’hui. L’instruction à la maison peut être une bonne alternative quand c’est nécessaire. Il faut y penser. »
Malgré ses appréhensions, Aurore n’a jamais douté quant à la réussite future de sa fille. « Elle empruntera seulement des chemins différents pour atteindre ses objectifs. Ça fait partie de son personnage », sourit la mère de famille. Depuis bientôt deux ans, Léa suit une formation en ligne dans le domaine animalier et aspire à devenir soigneuse. « Elle aurait pu passer son bac en candidat libre, mais nous n’y avons pas vu l’intérêt. Quand la voie classique n’est pas faite pour son enfant, il ne faut pas forcer, défend-elle. L’école à la maison, ce n’est ni mieux ni moins bien. C’est simplement une belle opportunité pour ceux qui y trouvent leur compte. »



