Ils ne se connaissaient pas vraiment avant que la brutale éviction de leur éditeur Olivier Nora, voulue par Vincent Bolloré, ne soude une partie des auteurs Grasset. Pour L'Express, Tania de Montaigne et Pascal Bruckner reviennent sur l'affaire Grasset qui a chamboulé le monde de l'édition, mais plus généralement pose la question d'une cancel culture de droite en pleine guerre culturelle.
Une critique acerbe de CNews
Leur critique, notamment contre CNews, est d'autant plus forte que les deux essayistes et romanciers n'avaient auparavant pas hésité à dénoncer les dérives d'une gauche obsédée par les identités. Pour eux, l'éviction de Nora est une manœuvre idéologique visant à imposer une ligne éditoriale conservatrice, comparable aux pratiques de censure qu'ils dénoncent habituellement à gauche.
Des auteurs engagés contre toutes les censures
Tania de Montaigne répond aussi à un billet de L'Express qui ironisait sur l'idée de congés payés pour les écrivains, émise lors des "Etats généreux" organisés par le collectif des auteurs Grasset. Elle souligne que cette proposition, loin d'être farfelue, vise à améliorer les conditions précaires des écrivains, souvent invisibilisées.
Pascal Bruckner, de son côté, insiste sur le fait que la liberté d'expression est menacée des deux côtés du spectre politique. Il appelle à une vigilance accrue contre toute forme de censure, qu'elle vienne de la gauche identitaire ou de la droite conservatrice.
Cette affaire révèle les fractures profondes du monde éditorial français, pris dans une guerre culturelle où chaque camp tente d'imposer sa vision. Les auteurs Grasset, désormais soudés, entendent résister à ce qu'ils perçoivent comme une tentative de mainmise idéologique.



