GPA : des femmes de gauche dénoncent un « nouvel esclavage moderne »
GPA : des femmes de gauche dénoncent un nouvel esclavage

Dans une tribune publiée ce mercredi 7 juillet, un collectif de femmes de gauche et féministes, parmi lesquelles figurent des intellectuelles, des politiques et des militantes, s'élève contre la gestation pour autrui (GPA), qu'elles qualifient de « nouvel esclavage moderne ». Le texte, intitulé « Femmes de gauche, féministes et contre toutes formes de GPA », est signé par une trentaine de personnalités, dont l'ancienne ministre Cécile Duflot, la philosophe Sylviane Agacinski, ou encore la sociologue Irène Théry.

Une opposition radicale à toute forme de GPA

Les signataires affirment que la GPA, qu'elle soit « altruiste » ou « commerciale », constitue une « exploitation du corps des femmes » et une « marchandisation de l'enfant ». Elles dénoncent une pratique qui réduit la femme à un « ventre à louer » et qui s'inscrit dans une logique libérale de « libre marché » des corps. Selon elles, la GPA « n'est pas une avancée pour les droits des femmes, mais un recul ».

Le collectif s'oppose notamment à la proposition de loi du député LREM Jean-Louis Touraine, qui vise à autoriser la GPA en France pour les couples hétérosexuels infertiles. Les signataires estiment que cette loi ouvrirait la voie à une généralisation de la GPA, y compris pour les couples homosexuels et les hommes seuls.

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Un appel à une interdiction mondiale

Les femmes de gauche appellent à une « interdiction universelle de la GPA », comparable à celle de la traite des êtres humains. Elles soulignent que la GPA est déjà interdite dans plusieurs pays européens, comme la France, l'Italie ou l'Allemagne, mais qu'elle est pratiquée dans des « paradis de la GPA » comme les États-Unis, l'Inde ou l'Ukraine, où les femmes pauvres sont souvent exploitées.

« Nous ne pouvons pas accepter que des femmes, souvent précaires, soient payées pour porter un enfant qu'elles devront abandonner à la naissance », écrivent-elles. Elles dénoncent également les risques médicaux et psychologiques pour les mères porteuses, ainsi que les conséquences pour les enfants nés de GPA, qui peuvent être « privés de leur filiation biologique ».

Une position qui divise la gauche

Cette tribune intervient dans un contexte de débat houleux au sein de la gauche sur la question de la GPA. Si une partie des féministes et des militants LGBT y voient une avancée pour la liberté procréative, d'autres la considèrent comme une aliénation. Le collectif « Femmes de gauche, féministes et contre toutes formes de GPA » entend peser dans le débat public et influencer les décisions politiques.

Selon un sondage Ifop réalisé en 2020, 63% des Français se disent favorables à l'autorisation de la GPA en France, mais l'opinion est plus partagée à gauche : si 71% des sympathisants de La France insoumise y sont favorables, ils ne sont que 45% chez les écologistes et 38% chez les socialistes.

Des précédents juridiques

En France, la GPA est interdite depuis 1994, mais la Cour de cassation a récemment assoupli la jurisprudence en permettant la transcription à l'état civil des actes de naissance d'enfants nés par GPA à l'étranger. Les signataires de la tribune jugent cette évolution « inquiétante » et appellent le gouvernement à ne pas légiférer en faveur de la GPA.

« Nous demandons au président de la République et au Parlement de ne pas céder aux pressions des lobbys et de maintenir l'interdiction de la GPA en France », concluent-elles.

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