Le Parlement du Ghana a adopté, ce vendredi 29 mai 2026, un texte de loi répressif visant les personnes LGBT+. Cette législation, intitulée « Promotion des valeurs familiales et des droits de l'enfant », criminalise les relations homosexuelles et toute forme de promotion des droits LGBT+.
Un vote controversé
Le projet de loi a été approuvé par une large majorité des députés présents, après plusieurs mois de débats houleux. Les partisans de la loi affirment qu'elle est nécessaire pour protéger les valeurs traditionnelles ghanéennes. En revanche, les opposants dénoncent une atteinte grave aux droits humains et une recrudescence des discriminations.
Des peines sévères
Le texte prévoit des peines allant de 5 à 10 ans d'emprisonnement pour les personnes reconnues coupables d'actes homosexuels. De plus, toute personne qui milite en faveur des droits LGBT+ s'expose à une peine de prison de 3 à 5 ans. Les organisations de défense des droits humains redoutent que cette loi n'encourage la violence et la stigmatisation envers la communauté LGBT+.
Réactions internationales
Plusieurs pays occidentaux et organisations internationales ont exprimé leur vive préoccupation. L'Union européenne a appelé le président ghanéen à ne pas promulguer cette loi. Les Nations unies ont rappelé que la criminalisation de l'homosexualité est contraire aux principes des droits de l'homme.
Un contexte régional difficile
Le Ghana rejoint ainsi une liste croissante de pays africains qui renforcent leur législation anti-LGBT. Au Nigeria, en Ouganda et au Kenya, des lois similaires ont été adoptées ces dernières années, provoquant l'indignation de la communauté internationale.
La société civile ghanéenne se mobilise pour tenter de faire échec à cette loi. Des manifestations sont prévues dans les prochains jours à Accra, la capitale. Les défenseurs des droits humains espèrent que le président Nana Akufo-Addo, qui doit encore signer le texte pour qu'il entre en vigueur, pourrait user de son droit de veto.
Cette adoption intervient dans un contexte politique tendu, à quelques mois des élections générales prévues en décembre 2026. Certains analystes estiment que ce vote est un geste politique destiné à séduire l'électorat conservateur.



