Une commission d'enquête des Nations unies a rendu un rapport accablant sur la situation des enfants à Gaza, dénonçant ce qu'elle qualifie de « poursuite d'un génocide » par Israël. Selon le document publié ce 23 juin, plus de 33 000 Palestiniens ont été tués depuis le début de l'offensive israélienne en octobre 2023, dont au moins 13 000 enfants. La commission, mandatée par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, affirme que les forces israéliennes ont délibérément ciblé des zones civiles, notamment des écoles et des hôpitaux, causant une « destruction systématique » des infrastructures essentielles à la survie des enfants.
Des chiffres qui glacent le sang
Le rapport détaille que sur les 33 000 morts recensés, près de 40 % sont des enfants. En outre, 75 000 Palestiniens ont été blessés, dont une proportion élevée d'enfants. La commission note que les frappes aériennes israéliennes ont visé des zones densément peuplées, comme le camp de réfugiés de Jabaliya, où des centaines d'enfants ont péri. Le docteur Ghassan Abu Sittah, chirurgien à l'hôpital Al-Shifa, a témoigné : « Nous avons vu des enfants arriver avec des membres arrachés, brûlés au napalm. C'est une guerre contre les enfants. »
Des accusations de génocide étayées
La commission conclut que les actions d'Israël constituent un génocide au sens de la Convention de 1948, car elles visent à détruire un groupe national, ethnique ou religieux. Elle pointe du doigt les déclarations de dirigeants israéliens, comme le Premier ministre Benyamin Netanyahou, qui a évoqué une « guerre totale » contre le Hamas, mais aussi des ministres ayant appelé à raser Gaza. Le rapport cite également l'utilisation d'armes interdites, comme le phosphore blanc, dans des zones résidentielles.
La communauté internationale sommée d'agir
La commission demande à la Cour pénale internationale (CPI) d'émettre des mandats d'arrêt contre les responsables israéliens. Elle appelle également les États membres de l'ONU à imposer des sanctions et à suspendre les livraisons d'armes à Israël. L'Union européenne et les États-Unis, principaux alliés d'Israël, sont particulièrement visés. Le rapporteur spécial de l'ONU sur les territoires palestiniens, Francesca Albanese, a déclaré : « Il est temps que la communauté internationale cesse de fermer les yeux. Ce n'est pas une guerre, c'est un génocide. »
Une crise humanitaire sans précédent
Au-delà des morts, le rapport souligne les conséquences dévastatrices sur les survivants. Plus de 1,9 million de personnes sont déplacées, dont 800 000 enfants. La famine menace, avec 85 % de la population en situation d'insécurité alimentaire grave. Les hôpitaux, ciblés à plusieurs reprises, fonctionnent au ralenti. L'UNICEF a rapporté que 600 000 enfants n'ont pas accès à l'eau potable. Le coordinateur humanitaire de l'ONU, Martin Griffiths, a qualifié la situation de « cauchemar humanitaire ».
Israël rejette les accusations
Israël a immédiatement rejeté le rapport, le qualifiant de « partial et antisémite ». Le ministère des Affaires étrangères israélien a affirmé que l'armée respecte le droit international et que les pertes civiles sont dues aux tactiques du Hamas, qui utilise les enfants comme boucliers humains. Le gouvernement israélien a également accusé la commission d'être influencée par des groupes pro-palestiniens. Malgré ces dénégations, plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont apporté leur soutien aux conclusions de l'ONU.
Un précédent dangereux
Ce rapport intervient alors que la guerre à Gaza dure depuis huit mois, sans perspective de cessez-le-feu. Les négociations, menées par l'Égypte et le Qatar, sont au point mort. La commission de l'ONU met en garde contre un « effondrement total de l'ordre juridique international » si aucune mesure n'est prise. Pour les enfants de Gaza, chaque jour qui passe est un jour de souffrance supplémentaire. Comme l'a dit une mère palestinienne citée dans le rapport : « Ils tuent nos enfants, mais ils ne tueront pas notre espoir. »



